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Les masques seuls ne sont pas «la solution miracle» contre la pandémie

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AFP

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GENÈVE | Les masques seuls ne sont pas «la solution miracle» contre la pandémie de Covid-19, et leur usage généralisé dans la population n’est justifié que si les autres mesures barrière sont impossibles ou difficiles à mettre en place, a estimé lundi le patron de l’OMS.   

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«Il n’y a pas de réponse binaire, pas de solution miracle. Les masques seuls ne peuvent juguler la pandémie de COVID19», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus au cours d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève.   

Outre que leur usage doit être réservé aux professionnels de santé dans un contexte de pénurie, il peut être «justifié» parmi la population si d’autres mesures comme le lavage des mains et la distanciation physique sont limitées par le manque d’eau ou la forte densité démographique, a-t-il ajouté.   

ÉCOUTEZ l'analyse du point de presse par Vincent Dessureault, sur QUB radio: 

 

La diva pop américaine Lady Gaga est intervenue en direct lors de cette conférence de presse pour annoncer un concert diffusé à la télévision et en ligne le 18 avril sous la bannière «Un Monde: Ensemble chez soi», «en soutien aux professionnels de santé sur la ligne de front» de la lutte contre le nouveau coronavirus.   

Sont prévus lors de ce grand show inédit dans sa forme Andrea Bocelli, Chris Martin, David Beckham, Elton John, John Legend, Keith Urban, Lang Lang, Paul McCartney, Priyanka Chopra Jonas, Shah Rukh Khan et Stevie Wonder.   

Depuis son apparition en décembre en Chine, la pandémie de COVID-19 a fait plus de 70 000 morts dans le monde, dont 50 000 en Europe. 1,25 million de cas ont été recensés au total sur la planète.   

Les États-Unis ont franchi lundi la barre des 10 000 morts, la France comptabilise près de 9000 décès. Chômage, faillites et récession menacent dans des dizaines de pays confinés où l’économie est à l’arrêt.   

Prudence à l’OMS  

Le débat sur le port du masque s’amplifie dans de nombreux pays occidentaux sous la pression d’une partie croissante de la population qui ne comprend pas pourquoi ils protégeraient les infirmiers, mais pas les citoyens ordinaires.   

Vu d’Asie, où les masques chirurgicaux sont omniprésents, le retard des pays occidentaux est une aberration. Mais les autorités sanitaires aux États-Unis ou en France, ainsi que l’OMS, arguaient jusqu’à présent que le masque n’était pas nécessaire pour les personnes saines, sauf si elles étaient au contact de malades.   

Des études citées par les Académies américaines des sciences semblent converger vers l’hypothèse d’une possible transmission du virus par voie aérienne, entre des personnes qui parlent ou respirent, et non plus seulement par les gouttelettes et postillons projetés lors d’un éternuement ou sur des surfaces.   

L’OMS a bien évoqué récemment cette hypothèse, mais demeure prudente.   

La COVID-19 «est d’abord transmis entre les personnes par des gouttelettes et un contact étroit avec des personnes malades ou des surfaces contaminées», a indiqué dimanche à l’AFP l’OMS, les gouttelettes «étant trop grosses pour être aéroportées pendant une longue période».   

Le président Donald Trump a annoncé vendredi soir qu’il était désormais officiellement conseillé aux Américains de se couvrir le visage hors de chez eux, pour aider à freiner les contagions.   

Les autorités sanitaires appellent la population à se couvrir le visage avec des masques artisanaux, des foulards ou des bandanas, afin de réserver les masques médicaux aux soignants.   

En France, la piste d’un déconfinement progressif fait son chemin, moyennant un dépistage massif, l’isolement des personnes fragiles et la généralisation du port du masque.