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Qu’est-ce qu’on mange?

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J’ai souvent ridiculisé la quantité d’émissions de cuisine qui pullulaient à la télé québécoise.

Pas aujourd’hui.

Toutes ces heures passées devant le petit écran servent enfin à quelque chose ! Avec tout ce temps à ne rien faire, on n’a jamais autant cuisiné. On découvre tous notre Ricardo intérieur. C’est rendu que tout le monde et son voisin fait son pain maison.

Pas étonnant que la farine soit en pénurie dans les épiceries : quand tout s’écroule autour de toi, tu te tournes vers le réconfort ultime, la bouffe, la vraie, faite avec tes deux mains.

CHEF RICHARD

Chez les Durocher-Martineau, on n’est pas des grands chefs.

Denise Bombardier se souvient encore, pauvre elle, de la fois où je l’ai reçue à souper avec du canard congelé pas assez décongelé que j’ai fait ensuite trop cuire et qui a déclenché l’alarme d’incendie.

Mon mari est capable de faire bouillir de l’eau... et de brûler du poulet sur le BBQ (il appelle ça son poulet boucanier pour faire passer ses erreurs gastronomiques pour du grand art).

Avant, j’avais avec les livres de recettes la même relation qu’on a avec les magazines cochons : on regarde les images, mais on ne le fait pas à la maison. Mais depuis le confinement, je me suis mise à faire des tartes aux pommes, des clafoutis, comme s’il n’y avait pas de lendemain.

C’est une excellente façon d’enseigner les maths à mon fils. « Si papa mange la moitié de la tarte et que je mange le quart de ce qui reste, à quelle fraction de la tarte aux pommes vas-tu avoir droit ? ».

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

J’ai toujours dit que les chefs cuisiniers étaient des artistes, des créateurs, au même titre que les peintres ou les chanteurs d’opéra.

Et en ce moment, alors que la restauration est frappée de plein fouet, c’est le moment de leur dire à quel point ils sont importants dans nos vies.

« L’épicurieux » Christian Bégin a d’ailleurs écrit un très beau texte sur le site du magazine Caribou, dans lequel il rend hommage aux restaurateurs, petits et grands, qui ont jalonné sa vie.

On pourrait tous faire l’exercice. Moi je remercierais Anne Desjardins du défunt L’eau à la bouche (où mon mari m’a demandée en mariage) autant que les Ashton de Québec pour leurs poutines après une grosse brosse.

Je dirais « bravo » à Daniel Vézina pour ses barbes à papa à l’érable et Danny St-Pierre pour sa poutine inversée. Des œuvres inoubliables !

C’est parce que j’aime les chefs, que je les admire, que j’ai été si touchée par cette initiative de la Tablée des chefs et de son créateur Jean-François Archambault qui s’appelle Les cuisines solidaires (avec des commanditaires comme Québecor, IGA, le gouvernement du Québec et d’autres).

Jérôme Ferrer, Éric Gonzalez et Ricardo Larrivée (entre autres) vont préparer 800 000 repas pour des banques alimentaires partout dans la province. Quelle idée généreuse !

LA VIE D’APRÈS

J’avoue que j’ai versé une larme hier quand la reine d’Angleterre a conclu son discours historique en disant : « Les jours meilleurs reviendront. Nous serons à nouveau avec nos amis, avec nos familles. Nous nous retrouverons de nouveau ».

Oui et ce jour-là, on célébrera... avec le plus beau des repas. Merci les chefs !