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Témoin de la guerre et de la pandémie

À près de 95 ans, Marie Belleau est en confinement chez elle

Journaliste
Photo courtoisie Confinées à la maison à Montréal, Marie Belleau, qui aura 95 plus tard ce mois-ci, et sa fille, Carole Belleau, 65 ans, ont légèrement ajusté leur routine face à la pandémie de COVID-19.

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Avec le confinement qui a chamboulé leur vie, les Québécois doivent faire preuve de débrouillardise. Nos lecteurs témoignent ici de leur nouveau quotidien, rempli de défis, mais aussi d’opportunités.  


À l’aube de ses 95 ans, une dame de Montréal a connu la Deuxième Guerre mondiale et vit en ce moment la pandémie de COVID-19. Quelle crise est la pire ? « Ce n’est pas pareil », analyse-t-elle avec sagesse.  

Ayant martelé toute sa vie qu’elle ne se retrouverait jamais en CHSLD, Marie Belleau vit dans la métropole avec sa fille, Carole, 65 ans. À la recommandation du premier ministre François Legault, les deux femmes – considérées à risque face au coronavirus – se sont placées en isolement volontaire dès le début de la pandémie.   

« Je suis rassurée d’avoir ma mère près de moi. En début de semaine, j’ai su que la mère d’une de mes copines était décédée de la COVID. Ça, ça m’a fouettée de plein fouet. Là, je réalisais la chance que j’ai que ma mère soit avec moi », expose Carole Belleau.  

Retraitée, Carole a dû renoncer à ses commissions hebdomadaires et à ses cours de chant choral. Marie, elle, continue sa routine. Surtout qu’une mauvaise blessure au genou limite ses déplacements. « Je lis, je lis, je lis ! », avance la nonagénaire, qui trouve aussi plaisir dans les mots cachés, la cuisine et la télévision.  

Pas comme la guerre  

Bien qu’il apporte son lot d’inquiétudes, le confinement se passe plutôt bien pour Marie Belleau. Alors que plusieurs ont comparé la situation à la guerre, celle qui a vécu une partie de son adolescence et de sa jeune vie d’adulte lors de la Seconde Guerre mondiale jette un regard différent sur la situation.   

« Dans ce temps-là, on n’était pas habitués à avoir toutes les commodités qu’on a maintenant. Tandis que là, le moindrement qu’on manque de quelque chose, c’est une catastrophe, estime-t-elle. Et moi, pendant la guerre, je travaillais. Il y avait l’effort de guerre, le rationnement, mais je pouvais sortir de chez nous. Là, tout ça est coupé. »  

Technologie à la rescousse  

Pour briser l’isolement, les deux femmes misent notamment sur les réseaux sociaux et les nouvelles technologies. Elles s’organisent des 5 à 7 virtuels avec leurs proches, sont actives sur Facebook et consultent les journaux sur leur tablette. Débrouillardes, elles commandent leurs achats et médicaments en ligne.   

Elles peuvent compter sur une voisine et des nièces pour faire des commissions et l’épicerie. La semaine dernière, un trompettiste a même poussé quelques notes de jazz dans leur rue.   

Comme quoi le confinement peut apporter de belles surprises. 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.