/world/middleeast
Navigation

Afghanistan: les talibans annoncent suspendre les discussions «stériles» avec Kaboul

Coup d'oeil sur cet article

Kaboul | Les talibans ont annoncé dans la nuit de lundi à mardi qu’ils suspendaient les discussions « stériles » qu’ils mènent directement avec le gouvernement afghan depuis huit jours, les premières depuis 18 ans, sur un échange de prisonniers.

« Nous avons envoyé une équipe technique à la Commission des prisonniers de Kaboul pour identifier nos détenus. (...) Mais malheureusement leur libération a été différée pour une raison ou pour une autre jusqu’à maintenant », a tweeté Suhail Shaheen, un porte-parole taliban.

« Du coup, notre équipe technique ne participera plus à des réunions stériles » à partir de mardi, a-t-il poursuivi.

Ces rencontres étaient les premières à Kaboul depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir en 2001 par une coalition internationale menée par les États-Unis. Les insurgés avaient toujours refusé de reconnaître à titre officiel le gouvernement afghan, qualifié de « marionnette » de Washington.

Elles avaient trait à l’échange de 5 000 prisonniers talibans contre 1 000 membres des forces afghanes, l’un des points-clés de l’accord signé le 29 février à Doha entre les États-Unis et les rebelles, et non ratifié par Kaboul.

Dans ce texte, Washington a promis un retrait des forces étrangères d’Afghanistan sous 14 mois, à condition que les talibans respectent des engagements sécuritaires et entament un dialogue « inter-afghan ».

Matin Bek, un membre de l’équipe de négociation nommé par le gouvernement pour discuter à terme avec les insurgés, a toutefois déclaré lundi que l’échange de prisonniers était retardé parce que les talibans exigent la libération de 15 de leurs « commandants de haut rang ».

« Nous ne pouvons pas libérer les assassins de notre peuple », a-t-il justifié devant la presse. « Nous ne voulons pas qu’ils retournent sur le champ de bataille et capturent une province entière. »

Le gouvernement était prêt à libérer jusqu’à 400 prisonniers talibans peu dangereux, en geste de bonne volonté et en échange d’une réduction « considérable » de la violence, mais les talibans ont rejeté cette offre, a-t-il ajouté.

Dimanche, les talibans ont accusé Kaboul de « violer » l’accord de Doha et d’être « irresponsables ». Depuis qu’il a été signé, les insurgés ont toutefois mené des centaines d’attaques contre les forces de sécurité afghanes, tuant de nombreux soldats et policiers.