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Des blouses de protection fabriquées au Québec pour contrer la pénurie

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Photo courtoisie Le paramédic Kevin Bélanger de l'entreprise Ambulance Lanaudière porte une jaquette réutilisable de l'entreprise Médi-Sécur.

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L’un des principaux fournisseurs du système préhospitalier au Québec a conçu une jaquette de protection réutilisable pour les travailleurs de la santé afin de contrer la pénurie.

Marc Forget, président de Médi-Sécur, achète normalement ses équipements à la Chine. Mais depuis quelques semaines, il ne reçoit plus aucune blouse. Avec le masque N95, la jaquette est l’équipement le plus difficile à trouver.

« On vite compris que ça allait tomber en rupture d’inventaire, dit-il expliquant qu'il ne s'attend pas à en recevoir avant septembre minimum. C’est une guerre pour avoir du matériel. »

Le premier ministre François Legault a reconnu lundi qu’il ne restait que 6 jours de stock de blouses de protection au Québec, soit la plus petite réserve de tous les équipements. 

« On regarde toutes sortes d'alternatives pour fabriquer nous-mêmes au Québec ces équipements, affirmé M. Legault dimanche. Tous les pays dans le monde en cherchent Legault [...] on est en train de regarder la possibilité d'avoir des blouses qui sont lavables, donc réutilisables. »

Made-in Québec

Médi-Sécur cherchait donc activement une solution québécoise. Elle et a réussi à concevoir avec l’aide d’un manufacturier de textile de la Rive-Sud de Montréal une jaquette de protection réutilisable. 

Le produit est déjà utilisé depuis quelques jours par plusieurs paramédics. M. Forget se dit prêt à fournir les hôpitaux également.

Le fait de passer de blouses jetables à des uniformes réutilisables entraîne toutefois une série défis.

« La jaquette (réutilisable) est une belle solution, mais faut les récupérer et les laver et ça demande une certaine logistique », explique Claude Lemay, d’Ambulance Lanaudière, qui utilise ce nouvel équipement.

Pour une seule intervention de d’ambulanciers, ce sont cinq jaquettes qui sont utilisées, explique-t-il.

 Autre contrainte: les ambulanciers se déplacent continuellement.

« On n’est pas comme un hôpital, on n’a pas de buanderie dans la shop », dit M. Lemay. Les blouses utilisées sont potentiellement contaminées et doivent donc être retirées avant de ressortir de l’hôpital où le patient a été amené.

« À Joliette, on peut les laisser à l’hôpital où on a quelqu’un qui ramasse notre literie souillée et qui peut les récupérer donc c’est simple », explique-t-il. Cette méthode est possible puis que tous les patients déplacés en ambulance dans ce secteur se retrouvent au même hôpital.

Mais à partir du moment où les intervenants transportent des patients entre plusieurs établissement comme c’est le cas à Montréal par exemple, la logistique pour récupérer les uniformes se complique.

« Si je fais laver ma jaquette au CHUM, ce ne sera pas gratisse et comment savoir combien de jaquettes exactement ils ont lavé pour moi et pas pour d’autres paramédics? », se demande Claude Lemay.

Pour l’instant donc, M. Lemay utilise cet équipement dans deux de quatre secteurs qu’il dessert, soit à Joliette et de Saint-Jean-de-Matha.

« Mais l’utilisation de réutilisable m’a permis de remonter temporairement mes inventaires dans mes deux autres points de services », dit M. Lemay.

Autre défi, la jaquette est pour le moment seulement en taille X-Large. « On a des enjeux avec des personnes plus petites », explique M. Lemay.

M. Forget a pris bonne note et fait maintenant installer des velcros pour ajuster un peu plus l’équipement. Il travaille actuellement pour fabriquer différentes tailles.

Le paramédic Kevin Bélanger de l'entreprise Ambulance Lanaudière porte une jaquette réutilisable de l'entreprise Médi-Sécur.