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Canadien: le «coup de Sher-Wood» de Mario Roberge

Mario Roberge en compagnie de l'entraîneur-chef de l'époque, Jacques Demers.
Photo d'archives, PIERRE VIDRICAIRE Mario Roberge en compagnie de l'entraîneur-chef de l'époque, Jacques Demers.

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Avant le match numéro 3 de la série de 1993 entre le Canadien de Montréal et les Nordiques de Québec, Mario Roberge a joué dans la tête d'une des pierres angulaires du Fleurdelysé.

Pendant la période d’échauffement au Forum, l’ailier gauche originaire de Québec, qui avait fait son stage junior avec les Remparts, a servi deux coups de bâton dans les jambières du gardien des visiteurs, Ron Hextall.

«En séries éliminatoires, notre bâton ne servait pas rien qu’à jouer avec la rondelle», a-t-il lancé à la blague à l'émission «Dave Morissette en direct», mercredi, sur les ondes du réseau TVA Sports.

«Je ne peux pas te dire le nombre de pénalités que j’ai vues dans cette série, mais j’ai beaucoup de plaisir à revoir ça. Ç’a été les plus belles années de ma vie.»

Selon Roberge, un agitateur qui a inscrit quatre buts, autant d’aides et 142 minutes de punition en 50 matchs en saison régulière, le geste d’intimidation était calculé, mais complètement imprévu.

En fait, Roberge ne devait même pas participer à la séance d’échauffement de ce premier duel à Montréal. C'est son capitaine qui a tout orchestré à l'improviste. Il raconte:

«"Carbo" [Guy Carbonneau] m’a demandé "joues-tu ce soir"? Je lui ai dit que non, s’est-il remémoré. Il a été voir Jacques Demers et il est revenu vers moi en me faisant un clin d’œil. Jacques le suivait derrière avec ses lunettes et sa gomme. Il m’a dit "Méo, tu fais le "warm-up" ce soir."

«Ç'a été un des points tournants de la série, a-t-il insisté. Quand Hextall est venu au point du cercle, je l’attendais de pied ferme...»

Un message déstabilisant

Hextall n’avait aucune idée de ce qui se passait, mais Roberge a passé un message avec deux coups de crosse.

«Je l’ai frappé d’aplomb. Un bon coup de Sher-Wood 5030, je ne sais pas si vous le savez, sur les flancs de jambières, ça résonne. J’y suis allé fort d’aplomb et je lui ai dit "ce point-là est à nous ce soir". Ç’a créé un attroupement.

«On a crevé la bulle de Ron Hextall ce soir-là. Je lui ai parlé d’aplomb. Je lui ai dit que je venais de le débalancer pour un bout.»

Après la période d’échauffement dans le vestiaire, je vous dis - et j’en ai vus des vestiaires – que je n’ai jamais vu une chambre aussi dynamique. Les gars avaient le feu dans les yeux! J’ai senti quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant.»

La fierté des francophones

Selon Roberge, cet entrain, cette ardeur, cette soif de conquérir a été présente jusqu’au coup de grâce en finale, face aux Kings de Los Angeles.

Au cours de cette année glorieuse, non seulement le Tricolore formait-il une équipe tissée serrée, les joueurs québécois étaient nombreux, ce qui créait une certaine fierté chez les francophones.

«À Montréal, on est tous d’accord que la pression des médias est forte. Mais nous, on ne la ressentait pas tant. On était trop nombreux.

«On pouvait aller voir Patrick Roy, Jean-Jacques Daigneault, Patrice Brisebois... on avait le choix. Je trouve ça drôle que le Canadien manque de francophones comme ça.»

Roberge cite la dynastie de sa propre jeunesse pour illustrer l’importance d’avoir des porte-couleurs issus de la Belle Province, auxquels les partisans peuvent s’identifier

«Mon idole c’était Guy Lafleur, a-t-il raconté. Dans ce temps-là, il y avait Jacques Lemaire, Serge Savard, Yvon Lambert. On ne peut pas tous les énumérer. Et le fait qu’on ait été autant de Québécois (en 1993), ça n’a certainement pas nui.»

Roberge a évolué dans l’organisation du Bleu-Blanc-Rouge de 1988 à 1995.