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La fièvre du printemps

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C’est Christian Dufour qui m’a sorti ça, l’autre jour.

« La distanciation sociale et le confinement sont des mesures importantes, que le gouvernement fait bien d’imposer, mais il faut quand même l’avouer, ce n’est pas toujours facile de les respecter, car ça va à l’encontre de tout ce qu’on est. »

Surtout au printemps.

HEUREUX D’UN PRINTEMPS

Se confiner l’hiver, pas de problème.

On le fait chaque année ! Volontairement ! Avec le sourire !

Mais le printemps ? C’est une autre paire de manches. 

Surtout au Québec.

Le Québec est l’endroit au monde où les écarts de température sont les plus importants.

L’hiver, c’est la Sibérie, et l’été, c’est Hawaï. 

Alors quand la neige et la glace commencent à fondre, on est comme des animaux qui sortent de leur tanière. 

On devient fou.

On se promène sur les grandes artères commerciales, et on a le goût de frencher tout le monde qu’on rencontre. 

« On a survécu ! On est passé à travers un autre hiver ! De la sangria pour tout le monde ! »

Contrairement aux autres peuples nordiques, les Québécois (sauf une gang de crinqués qui adorent avoir la guédille au nez et faire de la raquette à -30) n’acceptent pas l’hiver. Ils luttent contre. De toutes leurs forces. 

Comme le chantait Dominique Michel : « J’haïs l’hiver / Maudit hiver / Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre... »

Ou Robert Charlebois : « Demain l’hiver, je m’en fous / Je m’en vais dans le sud au soleil... »

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L’hiver est notre ennemi numéro un.

Notre Joker, notre Lex Luthor, notre Docteur Octopus. 

Seuls les touristes français aiment coucher sur un lit de glace, les bijoux de famille enfirouapés dans une peau d’ours...

ON DIRAIT LE SUD

D’ailleurs, parlant de nos cousins : vous avez vu ce qui se passe en France ?

Le nombre d’entorses aux règles du confinement explose. 

Il fait beau, et les Français prennent les parcs d’assaut. 

Imaginez, ici !

Mais comme l’a si bien dit le ministre de l’Intérieur français : « Ce n’est pas en fonction de la météo qu’on décide de sortir ou pas, c’est en fonction d’un combat. Le risque, c’est le relâchement. »

On a beau répéter « Ça va bien aller ! », on ne se le cachera pas, au cours des prochains jours, ça va être dur.

Primo, parce qu’on va atteindre le fameux pic. 

Et secundo, parce qu’il va commencer à faire beau. 

Chacun de nos gènes va nous dire : « Allez, sors ! Appelle tes chums ! Inaugure ta terrasse, ta cour ou ton balcon ! Étrenne tes meubles de jardin ! Organise un BBQ ! »

Il va falloir faire comme Ulysse quand il entendait le chant des sirènes.

S’attacher au mât du navire et résister ! 

Y AURA-T-IL UN ÉTÉ ?

C’est pourtant simple.

Moins on respecte les règles de sécurité, plus il va y avoir de gens infectés, et plus longtemps on va devoir rester confinés pour éviter un engorgement des hôpitaux. 

Vous voulez profiter de l’été cet été ?

Eh bien, respectez les règles jusqu’à nouvel ordre !

Retardez votre printemps ! 

Si on met tous l’épaule à la roue, au mois de juin, on pourra fêter en écoutant de la « musique bleue » !

Drinking In L.A., de Bran Van 3000 ! Mon voisin, des Frères à Ch’val ! Tassez----vous de d’là, des Colocs !

Deux autres bières !