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Me cacher de mon fils

Ce n’est pas évident le télétravail avec un bébé de 17 mois dans un appartement

Élizabeth Ménard
Photo courtoisie Comme pour bien des parents, ce n’est pas évident de faire du télétravail pour notre adjointe au directeur des cahiers, Élizabeth Ménard, qui doit composer avec un bébé à la maison.

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Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront.


Terrée dans une petite pièce qui me sert habituellement de débarras, j’essaie de travailler alors que mon fils de 17 mois tape sur la porte. « MAMAAAAAAAAN ! » Surtout, il ne faut pas céder. Si je sors, c’est la crise assurée.

La porte n’a pas de verrou. J’ai dû la bloquer avec un trépied de caméra que j’ai coincé au pied de mon bureau. Désolée bébé, maman doit travailler.

Je suis en pleine conversation web avec une collègue et j’entends papa qui s’énerve et crie : « Heille! Je t’ai dit de ne pas toucher à ça ! »

Ma conversation s’arrête abruptement. Plus de connexion internet. Coco a débranché le modem. 

L’autre jour, alors que j’étais au téléphone avec une autre collègue, j’ai été interrompue par un charmant « LE PETIT A VOMI ! » qui a retenti à l’autre bout de l’appartement. Je suis allée changer les vêtements de mon fils pendant que son père ramassait la flaque, puis je suis retournée me cacher.

Disparaître

Quand mon fils ne me voit pas, il m’oublie. Mais dès qu’il entend le bruit de la porte qui s’ouvre, il se rue vers moi comme si son père ne l’avait pas nourri depuis trois jours. 

« MAMAAAAAAAAN ! » Je suis rassurée. J’existe encore.

Mais pas moyen de repartir. Fiston s’accroche à mon cou et pleure toutes les larmes de son petit corps. C’est crève-cœur. Du haut de ses 17 mois, il ne comprend pas pourquoi maman est à la maison, mais ne joue pas avec lui.

Pour lui épargner ces montagnes russes émotionnelles, nous avons donc convenu que je devais « disparaître ». 

À partir du moment où j’entre dans ma tanière, je ne sors plus que pour les besoins essentiels : manger et aller à la toilette.

Quand je dois manger, j’envoie un message à papa qui se charge de distraire l’enfant loin de la cuisine.

Quand je dois aller à la toilette, j’y vais sur la pointe des pieds en priant pour ne pas que mon vieux plancher craque. Le pot de chambre commence à me sembler tentant.

Du temps en famille

Papa étant travailleur autonome, il a perdu tous ses contrats en l’espace de deux jours. C’est donc lui qui s’occupe de bébé à temps plein. On est chanceux dans notre malchance qu’il puisse le faire.

Tous les jours, je les entends rire, pleurer et crier. Sans moi. Ça aussi, c’est crève-cœur. Je dois sans cesse me retenir d’intervenir, faire abstraction, et retrouver ma concentration.

Malgré ces petites difficultés du quotidien en confinement, il y a tout de même de bons côtés.

Finie, la course matinale vers la garderie. Fini, le retour à la maison dans le trafic avec un bébé fatigué et affamé qui crie « en bas » sans arrêt pendant 30 minutes ou jusqu’à ce que je lui fasse les cris des animaux. « Elle fait quoi la vache ? Meeeuh! » 

Et pendant que moi, je travaille, mon enfant chéri développe sa relation avec son père. Cette crise nous aura permis de passer plus de temps ensemble. Si on peut tous rester en santé, c’est ce que je retiendrai.

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