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Natation artistique: adieu à la mère des sirènes

Icône de la natation artistique, Julie Sauvé meurt subitement à 67 ans

Julie Sauve
Photo d'archives, Agence QMI La grande dame de la natation artistique s’est éteinte dans la nuit de mardi.

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Sylvie Fréchette et les sirènes du Québec chantent d’une même voix leur tristesse depuis que « leur » Julie Sauvé, sans indice précurseur, est décédée subitement durant la nuit de mardi dans sa résidence à Laval. Elle avait 67 ans.

Figure renommée de la nage synchronisée durant plus de 35 ans, avant que ce sport ne s’appelle désormais « natation artistique », elle avait été remerciée de son poste d’entraîneuse-chef de l’équipe canadienne en octobre 2012, tout juste après avoir mené celles qu’elle appelait « ses enfants » au 4e rang du concours par équipe aux Jeux olympiques de Londres.

Fréchette : « Une partie de moi » 

« C’est comme si une partie de moi était partie avec elle », a réagi sur son compte Twitter Sylvie Fréchette, certes la plus illustre de ses héritières après avoir remporté la médaille d’or à l’épreuve individuelle aux Jeux de Barcelone en 1992.

« C’était plus qu’une entraîneure avec qui j’ai passé de 2000 à 2012. C’était aussi une amie, une confidente, une deuxième mère. Julie est responsable de qui nous sommes devenues aujourd’hui. Elle a eu un très grand impact dans ma vie, tout ça en ayant du “fun”. Elle nous a tellement donné, on était comme ses enfants », nous a confié Élise Marcotte, membre de l’équipe aux JO de 2012.

« C’est vraiment difficile. Elle comptait beaucoup dans ma vie. C’était une grande amie avant d’être une entraîneure. J’ai perdu une grande amie », a exprimé Marie-Pier Boudreau-Gagnon, qui avait terminé au pied du podium à l’épreuve en duo avec Marcotte à ces mêmes Jeux de Londres.

COVID-19 ou le cœur ?

Les raisons de son décès n’étaient pas encore connues, mercredi, en début de soirée. La mère de Marie-Pier Boudreau-Gagnon, Linda Boudreau, a fait savoir que sa grande amie ne dégageait aucun signe inquiétant sur son état de santé dans les heures précédant son décès. Dimanche soir dernier, elles avaient discuté ensemble de longues minutes en visioconférence. La veille de sa mort, autour de 20 h 30, elles avaient encore échangé par messagerie texte.

Julie Sauvé avait été engagée par la Fédération de natation artistique de Singapour, durant la dernière année, afin de travailler avec le programme en duo en prévision des Jeux de Tokyo. En mars, elle avait accueilli Linda Boudreau et une amie, allées la visiter. Après Singapour, le trio avait ensuite mis le cap vers les îles Gili, en Indonésie.

Au cours d’un voyage avec des amies québécoises, en mars, Julie Sauvé avait spontanément pris la pose derrière une réplique du président d’Indonésie, Joko Widodo, lors d’une escale dans un aéroport de ce pays.
Photo courtoisie, Linda Boudreau
Au cours d’un voyage avec des amies québécoises, en mars, Julie Sauvé avait spontanément pris la pose derrière une réplique du président d’Indonésie, Joko Widodo, lors d’une escale dans un aéroport de ce pays.

En marge de la pandémie de COVID-19, la recommandation émise par le gouvernement canadien à l’intention des ressortissants l’avait toutefois incitée à devancer son retour au pays, le 1er avril. Rentrée à la maison, l’ex-entraîneuse avait appliqué les règles de quarantaine.

Julie Sauvé était enjouée comme toujours, lors de vacances récentes dans les îles Gili, en Indonésie.
Photo courtoisie, Linda Boudreau
Julie Sauvé était enjouée comme toujours, lors de vacances récentes dans les îles Gili, en Indonésie.

Son séjour à Singapour, où elle vivait temporairement dans un appartement mis à sa disposition par la fédération sportive de cet État, a soulevé des liens avec la COVID-19 dans la communauté qui pleure son départ. D’autres ont évoqué un arrêt cardiaque.

Une « différence de quelques heures, ce serait surprenant », soutient Benoît Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM, qui doute d’une telle virulence liée à ce type de coronavirus.

« On n’a pas assez d’informations présentement pour statuer sur une telle question, mais en ce moment, selon tout ce qui circule comme informations au niveau clinique, c’est que ce serait très surprenant qu’elle soit décédée en quelques heures alors qu’elle n’avait aucun symptôme auparavant », affirme ce spécialiste, membre du Réseau intersectoriel de recherche en santé de l’Université du Québec (RISUQ).

« Un aimant de vie » 

Les prochaines semaines pourraient fournir les explications de ce départ subit. Entre-temps, la peine prédomine.

« Marie-Pier a travaillé tellement longtemps avec Julie qu’elle faisait partie de la famille », a voulu lui rendre hommage Linda Boudreau.

« Je n’ai pas de mots. Quelle personne elle était et quel impact elle a eu dans la vie de ma fille ! C’était un aimant de vie... »

Une carrière remarquable

  • Née le 27 septembre 1952 à Montréal
  • Entraîneuse-chef de l’équipe canadienne de nage synchronisée de 1982 à 2012
  • Intronisée au Temple de la renommée olympique du Canada en 2012
  • Intronisée au Panthéon des sports du Québec en 2015