/finance
Navigation

Des paiements fédéraux en trop pour certains prestataires

Des employés licenciés ont reçu la prestation de 2 000 $ sans la demander

Coup d'oeil sur cet article

Des millions de nouveaux chômeurs ont déjà reçu leur prestation d’urgence fédérale, mais Ottawa admet avoir versé trop d’argent à certains, ce qui sème la confusion chez ceux qui devront la rembourser.  

• À lire aussi: Ottawa assouplira ses critères pour la subvention salariale aux entreprises  

• À lire aussi: Le fédéral a reçu près de deux millions demandes de PCU  

« Malgré les efforts remarquables du gouvernement pour que tout le monde ait des sous, ils ont fini par se transformer en fée des dents », a laissé tomber Estelle Landry, directrice d’un commerce de la Rive-Nord de Montréal.   

Estelle Landry, directrice d’un commerce de la Rive-Nord de Montréal, a été surprise de recevoir autant d’argent dans son compte de banque alors qu’elle n’avait demandé que l’assurance-emploi.
Photo courtoisie
Estelle Landry, directrice d’un commerce de la Rive-Nord de Montréal, a été surprise de recevoir autant d’argent dans son compte de banque alors qu’elle n’avait demandé que l’assurance-emploi.

Comme des milliers de Québécois, Estelle Landry a perdu son emploi à la mi-mars et a ensuite demandé de l’assurance-emploi pour se sortir la tête de l’eau.   

Or, il y a deux jours, elle a non seulement reçu son 1500 $ de chômage, mais un 2000 $ de plus de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) la nuit suivante, sans même l’avoir demandée, comme ses collègues.   

« J’ai avisé tous mes employés, et toute ma gang, et je leur ai dit : “Ne touchez pas à un des deux montants. Mettez ça de côté. Il va falloir rembourser ces sommes-là. Ce n’est pas un cadeau” », a-t-elle poursuivi, surprise de voir l’argent apparaître dans son compte comme par magie.   

Photo courtoisie

Mercredi, d’autres nouveaux chômeurs, comme Youcef Louardiane ou Roxanne Girard-Potvin, ont confié de leur côté avoir rempli la demande en double, à l’assurance-emploi et au PCU, et s’attendent également à devoir la rembourser.   

« J’avais peur de rester prise dans les mailles du système, alors j’ai fait la deuxième demande pour la prestation canadienne lundi dernier », a raconté Mme Girard-Potvin.   

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

  

Ottawa reconnaît son erreur  

Questionnée à ce sujet mercredi, une porte-parole de la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a admis au Journal les lacunes du système mis en place à toute vitesse.   

« Nous reconnaissons qu’il y a eu des rapports selon lesquels des personnes ont reçu plus d’un paiement. Notre objectif principal a toujours été de mettre de l’argent dans les poches des Canadiens qui en ont besoin pendant cette période difficile, et de le faire en temps opportun et avec précision », s’est défendue cette porte-parole.   

Elle a aussi insisté pour dire que le ministère s’assurera que les Canadiens admissibles au programme ne recevront pas plus que les 8000 $ prévus en quatre mois.   

Au Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), on a refusé de lancer la pierre à Ottawa qui doit gérer un flot inimaginable de demandes de toutes sortes en pleine crise.   

« Ils sont complètement débordés, c’est clair. Si l’on veut être objectif, on peut dire qu’au moins la machine de Revenu Canada fonctionne », a tenu à souligner son porte-parole Pierre Céré.    

Avec la collaboration d’Émilie Bergeron, Pierre-Olivier Zappa et Guillaume St-Pierre  


Plus de 4,75 millions de personnes au pays ont réclamé la Prestation canadienne d’urgence depuis la mi-mars.   

  • ÉCOUTEZ Pierre Fortin, professeur émérite des sciences économiques à l’UQAM, à QUB radio: