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Canadien de 1993: «Jacques regarde la série tous les soirs», dit Michel Demers

Jacques Demers en 1992 alors qu'il dirigeait le Canadien de Montréal.
Photo d'archives, Pierre Vidricaire Jacques Demers en 1992 alors qu'il dirigeait le Canadien de Montréal.

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Il y a un spectateur attentif lors de chaque rediffusion de la série Canadien – Nordiques de 1993 à TVA Sports. Tous les soirs, l'ancien entraîneur-chef du Tricolore Jacques Demers se fait un plaisir de réécouter les rencontres et replonger dans ses souvenirs. 

«Jacques regarde la série tous les soirs, a confié son frère Michel, jeudi, à l’émission Dave Morissette en direct. Je la regarde aussi et j’ai des frissons. Ça fait 27 ans déjà. Je regarde ça et c’est magique.» 

«Je me rappelle d’une discussion avec Jacques après les deux premiers matchs. Je lui dis : "Jacques, tu es 0-2..." Et lui de répondre : "Toi, le frère, ne t’inquiète pas! On va revenir. On a une bonne gang de leaders. On a une bonne équipe de travaillants. On va revenir de ça." Et ils sont revenus de ça», a-t-il raconté. 

Les intervenants de l’émission diffusée à TVA Sports en ont profité pour prendre des nouvelles de Jacques, le dernier entraîneur-chef du Canadien à avoir soulevé la coupe Stanley. 

«Il va bien, a fait savoir Michel Demers. Évidemment, ce n’est pas facile pour lui présentement, car il est en confinement. On ne peut malheureusement pas venir le visiter. Je l’appelle tous les jours.» 

Verbomoteur sympathique comme il s’en trouvait peu, Jacques souffre tristement d’aphasie depuis qu’il a subi un accident vasculaire cérébral en 2016. 

«Jacques a gagné sa vie avec sa parole. [...] Malheureusement la vie le lui a enlevé. C’est très difficile pour lui. On trouve le moyen de communiquer et, souvent, quand je viens chez lui, on appelle un joueur sur FaceTime. Mais côté santé, il va quand même bien», a indiqué Michel Demers. 

Ce dernier se souvient comme si c'était hier des événements qui ont suivi la conquête de 1993. Le CH avait signé une victoire de 4-1 lors du cinquième match de la finale pour disposer de Wayne Gretzky et des Kings de Los Angeles. 

«On est dans la chambre. Céline Dion est là avec René Angélil. C’est la fête pour tout le monde. Jacques avait réservé dans un restaurant à Montréal et on devait se rendre là vers 1h30 du matin pour célébrer en famille», s'est-il rappelé. 

«On se dirige vers la sortie du Forum et le gardien de sécurité nous dit : "M. Demers, vous ne pouvez pas sortir, il y a une émeute dehors." On retourne dans son bureau, on ouvre la télévision et on voit ça. Ils ont alors décidé de rouvrir le restaurant en haut, et toutes les familles et les joueurs sont montés en haut. On a fêté jusqu’à 5h30 ou 6h00. Quand on est sortis le matin, c’était l’enfer. Les autos étaient à l’envers.»

Savoir trouver les bons mots

Les joueurs du Canadien de Montréal qui ont participé à la conquête de la Coupe Stanley en 1993 n’hésitent jamais à dire à quel point l’entraîneur-chef de l’équipe, Jacques Demers, savait motiver ses troupes.

L’ancien défenseur Éric Desjardins se souvient d’un moment particulier, après que l’équipe eut perdu les deux premiers matchs de la série de premier tour contre les Nordiques de Québec.

«Jacques avait dit "même si c'est 2-0, ce n'est pas terminé, on s'en va à la maison et on sera devant nos partisans". Il avait trouvé les bons mots. [...] Il a été capable d'envoyer des petits messages auxquels tout le monde a voulu croire», a indiqué l’ancien numéro 28, en entrevue à «Dave Morissette en direct».

Si Desjardins, qui avait lui-même amassé cinq points dans cette série, se souvient du jeu inspirant de Vincent Damphousse, Guy Carbonneau et Patrick Roy, il rappelle que cette victoire, «ça a été une histoire d'équipe, il y a tellement de gars qui ont participé défensivement, mais surtout offensivement [...] tout le monde avait sa place, une responsabilité et c'est ça qui a fait qu'on a gagné».

Le défenseur québécois se rappelle aussi à quel point les Nordiques avaient du talent, surtout en attaque.

«Leur leader était (Joe) Sakic, avec toutes les habiletés qu'il avait, sa vitesse, son lancer, c'était quelqu'un qu’il fallait surveiller», a-t-il souligné, avouant au passage qu’il a récemment eu l’occasion de revoir les matchs de ce parcours du printemps 1993.

«Le côté où ils ont eu plus de misère, c'est défensivement et c'est ça qui a fait virer la série de bord», a précisé Desjardins. Il a aussi mentionné que la citation faite par un membre des Nordiques au sujet d’une présumée faiblesse chez Patrick Roy avait été «une grosse erreur».

«Connaissant Pat, c'est quelque chose que tu ne peux pas vraiment faire», a-t-il rappelé en souriant.