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COVID-19: des détenues de l'Établissement de Joliette s’inquiètent

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JOLIETTE – L’Établissement de Joliette, un pénitencier fédéral pour femmes, est devenu l'un des centres d'éclosion majeurs du coronavirus dans Lanaudière.

• À lire aussi: COVID-19: trois fois plus de cas au pénitencier pour femmes de Joliette

Parmi les agents correctionnels, 31 ont contracté le virus. Tous ceux qui ont été en contact avec eux ont aussi été testés.

La Santé publique ne court aucun risque et surveille la situation de très près.

«Parce que, pour nous, c'est un danger, vraiment, qu'ils transmettent le virus dans la communauté près de Joliette. Donc, évidemment, on leur demande de se mettre en isolement le plus rapidement possible», a dit jeudi le Dr Richard Lessard, directeur de la santé publique de Lanaudière.

Une dizaine de détenues de l'Établissement de Joliette, qui peut en accueillir 130, ont obtenu un résultat positif au test de la COVID-19.

Martine fait partie des détenues qui ont manifesté leurs craintes.

«Oui, j’ai des inquiétudes. Il y a beaucoup de filles qui ont été contaminées par le coronavirus», a-t-elle indiqué à TVA Nouvelles.

Selon Martine, la direction du pénitencier a procédé à un remaniement des unités après l’éclosion, plaçant ainsi des détenues en santé dans l’unité où il y a eu des malades. Ces derniers ont aussi été relocalisés.

Rien de rassurant donc pour les détenues qui sont plus âgées, comme Mary.

«Moi j’ai 61 ans, ça m’inquiète pas mal, c'est déprimant», a-t-elle laissé entendre au bout du fil.

De son côté, Anne croit qu’on brime ses droits.

«Présentement, nos droits sont totalement bafoués, a-t-elle clamé. Ici, on a la cour qui est supprimée, on est enfermées dans nos unités 24 heures sur 24 depuis plus d'une semaine.»

Elle songe déjà à poursuivre Service correctionnel Canada pour le sort réservé aux détenues durant la pandémie.

«On se sent toutes comme des animaux à l’abattoir qui attendent, a-t-elle illustré. Il y en a ici pour qui il ne reste plus beaucoup de temps à faire, comme moi, il me reste six mois. Ce serait ridicule de ne pas nous laisser aller dans le fond.»

Cela fait d'ailleurs partie des propositions faites par la Ligue des droits et libertés pour rendre les prisons fédérales et provinciales plus sécuritaires.

«Si, évidemment, il y avait moins de monde dans les prisons, eh bien, il y aurait plus de possibilités que le confinement soit moins dur», a plaidé sa porte-parole Lucie Lemonde.

Sortir les détenus qui ne représentent pas un risque pour la société, accélérer les libérations conditionnelles et limiter les incarcérations: voilà donc les propositions faites par la Ligue des droits et libertés pour désengorger les prisons et, surtout, limiter la propagation du coronavirus.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.