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Difficile pour les gens d’imaginer la distanciation sociale à long terme, selon une psychologue

Des gens marchent au parc Jarry pendant la pandémie de coronavirus (COVID-19), à Montréal, le mercredi 8 avril 2020.
Photo Joël Lemay Des gens marchent au parc Jarry pendant la pandémie de coronavirus (COVID-19), à Montréal, le mercredi 8 avril 2020.

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La psychologue et conférencière Rose-Marie Charest affirme qu’il est normal pour la population d’avoir de la difficulté à s'imaginer le maintien des mesures de distanciation sociale pour encore plusieurs mois.   

Mme Charest a expliqué que l’humain est fait pour se «ressaisir pour de courtes périodes» alors qu’elle était en entrevue avec Sophie Durocher à QUB radio.       

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déclaré jeudi matin que les mesures de distanciation sociale pourraient perdurer de 12 à 18 mois.       

«Il faut que ce soit possible à imaginer. Actuellement, essayer d’imaginer qu’on ne va pas sortir de nos maisons pour les prochains 12 à 18 mois, c’est quasi impensable», a-t-elle affirmé.       

«Quand M. Trudeau dit entre 12 et 18 mois, c’est tellement gros que la réaction psychologique habituelle c’est de nier ça. Quand c’est trop gros, la première réaction est de nier ou de se décourager complètement. C’est pour ça que les gens ont tant insisté pour avoir différents modèles de courbes et scénarios parce que ça nous rassure de savoir, un peu du moins, comment ça va se passer et quand ça va se passer», a ajouté la psychologue.       

Même si elle croit que les gens s’habitueront à certains aspects de leur nouvelle vie, la conférencière précise que le manque de contact physique aura certainement des impacts.       

«Le corps est extrêmement important. Je ne parle pas seulement de sexualité. Je parle d’être proche des gens, de ressentir la chaleur humaine. Être privé de ça, c’est quelque chose de difficile. Je pense aussi en termes de communication. Actuellement, on communique beaucoup avec des écrans. On sait que le message est important et on arrive à passer beaucoup de messages, mais là aussi on va avoir besoin de présence.»      

Si l’isolement de certaines personnes est au cœur de plusieurs discussion ces temps-ci, Mme Charest s’inquiète aussi pour les relations interpersonnelles des gens dans un espace réduit.      

«La qualité des relations interpersonnelles risquent d’en souffrir beaucoup. Même pour les relations de couple, même des relations amoureuses, des relations familliales qui allaient le mieux du monde avant le début de la crise.»      

Elle insiste sur l’importance de réussir à prendre du temps pour soi. La psychologue suggère d’aller marcher seul.        

Conciliation télétravail/famille  

La conférencière est consciente qu’il s’agit d’une période difficile pour tout le monde et en particulier pour les parents qui doivent travailler de la maison.       

«Pour les gens qui font du télétravail et qui ont des enfants à la maison, n’oublions pas que ça, c’est une charge mentale terrible parce que s’enfermer dans une pièce pour travailler quand on entend les enfants se chicaner au sous-sol, c’est pas évident», a-t-elle tenu à dire.       

Selon elle, il est primordial de ne pas se sentir coupable dans cette situation exceptionnelle.       

«C’est difficile de ne pas s’occuper d’un enfant pendant qu’on travaille ou de négliger une partir de notre travail parce qu’on s’occupe de nos enfants. Il ne faudra quand même pas se reprocher ça parce que c’est mission impossible d’arriver à faire les deux comme on le faisant avant»       

Retour vers la liberté  

Rose-Marie Charest soutient que cette crise pandémique aura assurément une marque indélébile dans la mémoire des gens.       

«On sait maintenant que ça peut arriver, ces choses-là. Dans notre vie normale, avant, on ne pensait pas à de telles choses. Théoriquement, on savait bien qu’un jour, il pouvait y [en] avoir... mais on n’y pensait pas. Là notre vie normale, elle va être différente, mais oui on a besoin de sentir qu’on pourra être libres. Ce dont nous sommes beaucoup privés en ce moment, c’est de liberté. Graduellement, on va retrouver des choix et graduellement, on va retrouver une capacité d’organiser notre environnement et d’organiser notre vie à notre manière», a-t-elle conclu. 

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