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Récits d’aînés pour la ministre

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Gérard Latulippe

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Professeur à la retraite, Gérard Latulippe souhaite contribuer, par des récits de vie qu’il a recueillis, à l’initiative soutenue par la ministre Marguerite Blais, et qui a pour but de briser l’isolement chez les aînés pendant cette crise du coronavirus. 

Saluant le projet lancé par Janette Bertrand, qui créera des capsules à partir de récits de vie d’aînés, M. Latulippe souhaite acheminer à la ministre les 15 histoires qu’il a recueillies l’an dernier. 

Mme Blais a fait mention du projet piloté par sa bonne amie Janette Bertrand à l’émission Tout le monde en parle, dimanche. M. Latulippe a tout de suite pensé qu’il pouvait collaborer. 

«Ces personnes ont vraiment besoin de nous dans leur solitude, dit-il, et je crois que mon travail pourra être utile. Je peux leur remettre tout le matériel. Ce serait ma façon de continuer d’aider les aînés pendant cette crise du coronavirus.» 

Résident de Québec, M. Latulippe a connu une carrière très active dans l’enseignement. L’homme de 77 ans a œuvré au Cégep de Lévis-Lauzon, et à l’Université Laval pour la formation des enseignants. Il a aussi passé plusieurs années en Afrique, au Cameroun et en Tunisie, toujours pour y former les enseignants. 

Malgré la retraite, ce passionné a continué de s’impliquer, que ce soit à travers des conférences, des ateliers ou autres. 

Très significatif  

Ce projet auprès des aînés, réalisé en 2019 de façon bénévole, s’est avéré très significatif. 

«J’ai été privilégié, à la fois dans ma carrière et parce que j’ai vécu ici, dans une société où nous sommes tous privilégiés», dit celui pour qui il est important de redonner aux autres. 

À la demande de l’Association des retraitées et des retraités de l’enseignement de la FNEEQ (AREF), M. Latulippe a donc recueilli par écrit les récits de vie de personnes âgées dans des résidences privées et des CHSLD. 

Aidé d’étudiantes, il a rencontré des aînés qui avaient accepté de participer, et a retranscrit le récit de leur vie. Les participants retracent leur enfance, leur adolescence, les grands moments de leur parcours, les personnes significatives dans leur vie, et leurs plus beaux et moins beaux souvenirs. 

Effet thérapeutique 

Cette occasion de tracer un bilan a eu un effet thérapeutique pour ceux qui se sont ainsi confiés. «Ça répondait vraiment à un besoin pour eux», dit-il. 

Certains étaient dans un état de déprime, d’autres avaient simplement envie de se raconter, mais chose certaine, l’initiative a eu un effet unanime.  

«Tout le monde était vraiment content, et voulait continuer. Ils nous ont dit qu’ils auraient même aimé avoir plus de temps. Certains se sont sentis libérés après l’exercice», témoigne M. Latulippe. 

«On a eu beaucoup de demandes, mais ça impliquait pas mal de travail, alors on a dû en refuser et des gens n’étaient pas contents, raconte-t-il. Ça démontre qu’il y a vraiment un besoin et que ça peut faire une différence, surtout dans la situation que nous vivons.»