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Tous les employés de Pratt & Whitney vont retourner au travail

Les salariés ont réduit leurs heures pour être moins nombreux dans les usines

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Même si le Québec est en « pause » jusqu’au 4 mai, tous les employés du motoriste Pratt & Whitney Canada (P&WC) à Longueuil et à Mirabel reprendront le travail à partir de samedi.  

Pourtant, la filiale de Raytheon Technologies fabrique des moteurs qui propulsent des jets d’affaires et des avions de ligne (appareils à hélices et Airbus A220).  

« On motorise des avions qui transportent des médicaments, des aliments, des fournitures médicales, et des hélicoptères qui font de l’évacuation d’urgence. On a aussi une partie militaire », affirme le président de l’unité P&WC du syndicat Unifor, Daniel Guy.  

« De dire que telle pièce est essentielle et que telle autre ne l’est pas, ça devient compliqué, mais je dirais qu’il y a une grosse partie qui est vraiment essentielle », ajoute-t-il.  

L’aéronautique ne figure pas dans les services essentiels du gouvernement. P&WC a-t-il obtenu une dérogation ? Le ministère de l’Économie n’a pas rappelé Le Journal hier.  

La moitié des 2400 syndiqués de P&WC avait été placée en arrêt de travail rémunéré le 25 mars. L’autre moitié était restée en poste, tout comme les quelque 3000 travailleurs non syndiqués de l’entreprise.  

Quatre jours par semaine  

Pour réduire l’occupation des usines, les employés travailleront désormais quatre jours par semaine et subiront du coup une baisse de salaire de 20 %. L’entente spéciale conclue avec l’employeur à cet effet a reçu l’appui de 70 % des syndiqués.  

Le respect de la distanciation demandera toutefois une vigilance constante.  

« Si des travailleurs ont besoin d’être deux au même endroit en même temps, il y aura des mesures de sécurité qui seront prises. On change aussi les façons de faire : par exemple, quand quelqu’un doit vérifier le travail d’un collègue, il ne le fait pas quand l’autre est là. Ce sont des procédures plus longues, mais le travail se fait et les gens gagnent un revenu », explique M. Guy.  

Celui-ci reconnaît qu’une trentaine d’employés sont trop inquiets en ce qui a trait à leur santé pour retourner au travail. Le syndicat et l’employeur explorent la possibilité qu’ils puissent s’absenter en prenant des vacances ou un congé sans solde.  

Un autre motoriste, Rolls-Royce, reprend lui aussi ses activités au Québec. Quant au constructeur d’hélicoptères Bell Textron, il ne les a jamais interrompues.  

La production demeure toutefois suspendue chez Bombardier et Airbus.  

Chez Air Canada, les 16 500 mises à pied annoncées la semaine dernière ont été annulées grâce à la subvention salariale de 75 % d’Ottawa.