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Infections en CHSLD: «Ça frise la négligence criminelle»

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LAVAL | L’ancien chef de police de la Ville de Laval est furieux et ne mâche pas ses mots concernant la gestion de crise orchestrée dans les CHSLD, plus grands foyers de contagion dans la province.  

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Après avoir subi un anévrisme cérébral, la conjointe de M. Gariépy, Louise Bourgeois, a été admise au CHSLD de Sainte-Dorothée, à Laval, devenu un foyer de contagion important dans la région qui recense plusieurs décès.   

D’abord rassuré parce que sa conjointe avait été placée en isolement préventif à son arrivée le 28 mars dernier, M. Gariépy a vite déchanté en réalisant que le nombre de cas d’aînés touchés par la COVID-19 au sein de l’établissement augmentait rapidement.   

Dimanche dernier, Mme Bourgeois a été déclarée positive à la COVID-19. Cette mauvaise nouvelle nourrit la grogne de Jean-Pierre Gariépy.   

ÉCOUTEZ l'entrevue de l’ancien chef de police de la Ville de Laval, Jean-Pierre Gariépy, sur QUB radio: 

Après avoir remarqué que les membres du personnel n’avaient aucun équipement de protection, l’ancien chef de police a commencé à prendre des notes et à faire sa propre enquête sur la façon dont les choses se déroulent entre les murs du CHSLD de Sainte-Dorothée.   

«Les employés font un travail exceptionnel, des cuisines à l’entretien ménager, a dit M. Gariépy en entrevue à TVA Nouvelles. Mais l’administration, elle est où, l’administration, là-dedans?»   

Jean-Pierre Gariépy somme la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, d’enquêter sur l’administration du CHSLD de Sainte-Dorothée, voire d’envisager la mise sous tutelle.   

«Il faut que le PDG actuel soit démis de ses fonctions et soit remplacé par une personne compétente qui va agir en temps de crise et qui va prendre les mesures nécessaires pour protéger son personnel et ses résidents. On ne peut pas laisser mourir nos gens qui sont malades en mettant la faute sur la pandémie», a dit M. Gariépy.   

Devant la situation qui semble empirer de jour en jour, l’ex-chef de police s’indigne.   

«Ça frise la négligence criminelle. J’ai été policier de carrière et je vous dis que ça frise la négligence criminelle, de ne pas avoir pris les responsabilités nécessaires et de voir les morts s’empiler comme ça», a dénoncé M. Gariépy, notant au passage la présence de «personnel épouvantablement épuisé» sur le terrain.   

Avec l’aide d’un avocat, M. Gariépy songe désormais à intenter une action collective pour dédommager les employés des résidences pour aînés en plus des résidents.