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Je serai un diplômé de la pandémie

Sébastien Ménard
Photo courtoisie Mon livre de comptabilité et mon manuel de méthodes quantitatives ne sont jamais loin, à l’approche des examens de fin de session.

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Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront.  


En décembre dernier, je trouvais que c’était une sacrée bonne idée de finir d’un coup mon certificat en administration des affaires à la session d’hiver. Après tout, j’étais bien capable de mener de front trois cours universitaires, en plus de diriger un journal et d’assumer le reste de mes occupations, parentales et familiales.  

Vous riez, mais j’ai besoin d’étudier comme certains ont besoin de faire du jogging. Ça me nourrit le cerveau.    

Après des études en droit et en science po, que j’ai effectuées alors que j’étais un jeune journaliste du Journal de Montréal, je suis retourné sur les bancs d’école pour décrocher un certificat en économie de l’Université Laval, après mon atterrissage à Québec.    

Mes patrons et mes proches m’ont toujours encouragé dans mes projets universitaires de fou.   

Il y a trois mois, donc, j’ai décidé qu’il était temps d’ajouter une corde à mon arc.    

Je me suis retroussé les manches et je me suis inscrit à trois cours universitaires.   

Trois cours et, hop, j’aurais terminé un autre programme, en administration des affaires, cette fois.   

Je savais que ça serait exigeant. Mais pas au point d’espérer devenir, dans quelques semaines, un diplômé de la pandémie.   

Le souffle coupé  

Le 12 mars, quand le Québec a pris toute la mesure de cette foutue crise planétaire, j’étais en réunion à Montréal.    

En revenant, après avoir invité nos employés à devenir des télétravailleurs de l’information, je me suis mis à réfléchir aux impacts que la situation aurait sur ma vie et sur celle de mes proches, à commencer par mon ado de 14 ans, qui ne va plus à l’école depuis, et ma tendre moitié, qui a inévitablement perdu son emploi, comme des milliers d’autres Québécois.     

Puis j’ai eu le souffle coupé.    

Je me suis rappelé que j’avais non pas un, mais trois cours à terminer, d’ici la fin avril, tout en dirigeant Le Journal de Québec.    

Trois cours! Mais à quoi avais-je pensé?   

Mon vertige s’est poursuivi pendant quelques jours, quand j’ai compris que l’Université Laval était déterminée à offrir à distance la quasi-totalité des cours de la session d’hiver.    

Pas question pour mon alma mater de mettre fin à la session, en créditant les cours comme on l’a vu ailleurs.    

Ç’aurait été presque trop beau.   

Ondes positives s.v.p.  

Il m’a fallu dix jours pour retrouver un rythme me permettant de concilier à la fois mon télétravail à temps plein avec mes études et la supervision de mon ado, dont je partage la garde avec sa mère.    

Ce n’est pas parfait, ce n’est certainement pas facile, mais j’y arrive relativement bien.    

Chaque fois que j’ai quelques minutes de libres, entre deux conférences virtuelles, je me plonge tantôt dans un livre de méthodes quantitatives, tantôt dans un manuel de comptabilité, quand ce n’est pas dans les textes de mon cours de développement durable.    

Je pose des questions sur des forums en ligne, j’assiste à des classes virtuelles et je fais des quiz numériques. Bref, j’apprends, mais différemment. Et disons qu’il n’y a pas beaucoup de minutes qui se perdent...   

Je n’aspire plus à être nécessairement un champion de l’écart-type, du ratio de liquidité générale ou du Pacte mondial, mais je suis relativement zen à l’approche des examens de fin de session.   

C’est le 21, le 25 et le 27 avril que ça va se passer. Des examens de fin de session entièrement à distance.    

Vous m’enverrez vos ondes positives. Ça va bien aller, espérons-le.   

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