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Une fiscaliste prône un impôt de guerre

Les riches n’en feraient pas assez en temps de crise

Brigitte Alpin
Photo d'archives Brigitte Alepin, Fiscaliste

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Les 42 milliardaires que compte le Canada pourraient en faire beaucoup plus pour lutter contre la COVID-19, selon une fiscaliste vedette qui prône un impôt de guerre exceptionnel en temps de crise. 

Il est injuste que ce soit la classe moyenne et les plus pauvres qui paient le prix le plus lourd pour la pandémie de coronavirus, selon la fiscaliste Brigitte Alepin, auteure du livre Ces riches qui ne paient pas d’impôts, professeure de comptabilité à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et cofondatrice de TaxCOOP, un organisme neutre dédié à la fiscalité. 

Cette dernière croit qu’il faudrait imposer les plus riches Canadiens à un taux exceptionnel de 1 % sur leur fortune pour compenser les sacrifices qui ont été réclamés à la population. Les super-riches devraient aussi être soumis à un taux d’imposition minimal de 50 % sur leurs revenus, selon elle. 

Dette massive 

La fiscaliste trouve profondément troublant que des caissiers d’épicerie, des commis chez Tim Hortons et des préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD mettent leur vie en danger, tout en travaillant pour un salaire très bas. 

« Tôt ou tard, c’est sûr qu’il va y avoir un gouvernement qui va dire qu’il faut payer la dette et se serrer la ceinture, ajoute-t-elle à propos de l’aide financière promise par les gouvernements fédéral et québécois. La facture va être refilée aux contribuables », prédit-elle. 

Contrairement à ce que plusieurs croient, Brigitte Alepin souligne que le 1 % des plus fortunés du Canada n’est imposé qu’à hauteur de 30 %, selon Statistique Canada. La fiscaliste croit que les géants du web et les fondations privées devraient aussi être mis à contribution. 

250 milliards $ 

Selon des calculs qu’elle a diffusés récemment dans le prestigieux hebdomadaire français L’Obs, c’est pas moins de 250 milliards $ que les gouvernements pourraient ainsi aller récupérer à travers le monde. 

« Les fondations n’ont l’obligation de contribuer annuellement qu’à raison de 3,5 % de leur capital au Canada, dit Brigitte Alepin. Elles ont 850 milliards $ d’accumulés en Amérique du Nord et certaines sont dédiées à la santé. Si, pour elles, la COVID-19 n’est pas l’occasion de sortir leur argent, on a un problème. » 

Quant aux géants du web et à leurs dirigeants, ils ont beaucoup plus parlé que réellement agi durant la crise, selon la fiscaliste. La crise doit aussi servir à réformer la fiscalité à long terme, selon elle.  

« Les gens ne vont plus accepter l’injustice fiscale », juge-t-elle.

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