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Moins de soins que s’ils étaient sur le trottoir

Des lacunes dans le traitement des aînés avaient été observées au CHSLD Herron bien avant la pandémie

GEN-COVID-19
Photo Agence QMI, Joêl Lemay Un employé de la morgue quitte le CHSLD Herron hier avec une des personnes décédées.

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«Ma mère aurait pu être laissée sur le trottoir et je crois qu’elle aurait eu plus de soins des passants de la rue que dans le CHSLD», déplore Véronique Bossé, dont la mère est décédée à la résidence Herron le 7 avril.  

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Plaies de lit, soins d’hygiène bâclés, communication difficile. Des proches de résidents avaient observé des lacunes dans les services prodigués au CHSLD Herron bien avant que la pandémie n’y fasse son entrée.   

Quelques jours avant le décès de sa mère Viviane Blanchard, Mme Bossé aurait reçu un appel d’une infirmière lui disant qu’elle était inconsciente et que son état se dégradait rapidement.    

«Je n’ai pas pu lui parler une dernière fois [...] Elle se détériorait et son niveau d’oxygénation diminuait. Quand j’ai appelé le lendemain, l’infirmière m’a dit qu’elle ne connaissait pas ma mère et qu’elle ne l’avait pas vue», soutient-elle.   

Infirmière de profession, Mme Bossé s’est dite sous le choc en apprenant les conditions d’insalubrité dans lesquelles sa mère, Viviane Blanchard, a passé les derniers instants de sa vie, surtout qu’elle a elle-même travaillé à la Résidence Herron à titre de directrice jusqu’en janvier.   

 Elle affirme toutefois avoir donné sa démission puisque la façon de fonctionner allait à l’encontre de ses valeurs.    

Manque de personnel  

«Ils ne prenaient pas ses plaintes au sérieux. [Mon père] a fini avec une pneumonie en janvier après s’être étouffé dans son vomi», témoigne Judie Wheeland, dont les deux parents ont résidé au centre Herron.   

Elle était d’ailleurs en train de chercher à les transférer dans un autre centre quand la décision de tout fermer est tombée, raconte-t-elle.     

Dès décembre, Mme Wheeland a remarqué que le centre Herron manquait de personnel.   

«Nous devions nous battre avec eux pour que mon père soit retourné toutes les deux heures.»    

Résultat de cette «négligence» : l’homme de 85 ans avait des plaies de lit qui refusaient de guérir, explique-t-elle.   

Ken Wheeland est décédé il y a une semaine des complications liées à la COVID-19 après avoir été transféré dans un autre établissement de l’ouest de Montréal.   

Sa mère est quant à elle à l’Hôpital général du Lakeshore.   

Toujours insister  

«C’est un immense choc», dit Frédérick Girard, qui ignorait à quel point l’état des choses avait dégénéré dans cette résidence.   

Son père Hermann Girard y est décédé à l’âge de 80 ans, le 5 avril, des complications liées au coronavirus. La famille avait alors choisi de le laisser mener son combat au centre Herron plutôt que de risquer un transport vers l’hôpital.   

Parfois, il visitait son père et sa couche n’avait pas été changée. Ou encore, sa barbe n’avait pas été rasée depuis trois jours. La pièce sentait parfois l’urine, dit-il.   

«Il fallait toujours mettre la pression [sur le personnel], renforcer le message», dit-il.   

– Avec Hugo Duchaine   

Ce qu’ils ont dit  

«J’appelais, j’appelais et je laissais des messages, mais personne ne répondait ou ne rappelait.»   

– Manuela Medeiros, belle-fille d’une résidente décédée le 8 avril   

«Je ressens surtout de la frustration [...] Il y a deux jours, l’infirmière m’a appelée, me disant que [ma mère] allait bien, qu’elle prenait un café dans la salle commune. Les patients atteints de démence sortent toujours de leur chambre.»  

– Fille d’une résidente, anonyme    

«C’est déplorable, il n’y a pas de mots pour exprimer comment c’est tragique.»   

– Craig Giroux, un manifestant qui tenait une affiche arborant le mot «honte» devant le CHSLD   

«La [médecin] refusait que ma mère soit testée [pour la COVID-19]. Elle avait de la toux, de la difficulté à respirer et de la fièvre.»   

– Judie Wheeland, fille de Connie et Ken Wheeland   

Des propriétés de chowieri  

Le Manoir Pierrefonds appartient aussi à l’homme d’affaires Samir Chowieri.
Photo Agence QMI, Joêl Lemay
Le Manoir Pierrefonds appartient aussi à l’homme d’affaires Samir Chowieri.

Résidences pour aînés appartenant aux entreprises de Samir Chowieri  

Sorel-Tracy   

  • Le Marquis de Tracy I   
  • Le Marquis de Tracy II      

Granby   

  • Le Riverain      

Gatineau   

  • Village Riviera      

Aylmer   

  • Le District      

Montréal   

  • Manoir Pierrefonds   
  • CHSLD Herron      

Hull   

  • La Résidence, Le Pavillon et Le Château de l’Île.      

Logements ou terrains de location appartenant aux entreprises de Samir Chowieri  

Sept-Îles   

  • Joie de Vivre      

Montréal   

  • Le Chambord      

Ottawa   

  • Résidence universitaire THÉO      

Gatineau   

  • Parc de maisons mobiles Riviera      

– Jérémy Bernier

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