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L’exemple des enfants

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Notre confinement général, avec ces milliers de gens solitaires, me rappelle mon regretté petit-fils Napoléon. Aux prises avec un cancer dès l’âge de 13 ans, hospitalisé, il a fait face au confinement, parfois sans pouvoir toucher à sa mère... comme tant des nôtres aujourd’hui. 

Depuis un mois, on se fait gaver des mots isolement, réclusion, solitude, confinement, etc. Ça finit par tomber sur les nerfs ! J’entends des gens maugréer... Moi-même, je m’impatiente parfois. Et puis, je pense à mon petit-fils Napoléon, à l’isolement sanitaire strict qui a été sa réalité... et je me calme. 

Combien de centaines ou de milliers d’enfants au Québec vivaient déjà les affres du confinement avant l’épidémie ? Et si des enfants traversent cette épreuve, qui sommes-nous pour nous plaindre ? 

Super confinement 

Pour mon petit-fils à l’hôpital, c’était un super confinement. Pas question de sortir pour prendre l’air ou de s’amuser avant de mourir. Son environnement se composait d’un écran de télévision, d’une tablette et d’un jeu d’échecs, agrémenté par une vue imprenable sur le gravier des toits des édifices adjacents. La majorité d’entre nous, au moins, peut marcher au parc sous le soleil (quand il y en a) : un sort moins pénible que celui des « enfants bulles » dans nos hôpitaux. 

C’est nous, mesdames et messieurs, qui pensons découvrir les affres du confinement... Or, c’était déjà le quotidien de trop d’enfants ! Ne l’oublions pas.  

Leçon 

Notre expérience collective du confinement nous donnera-t-elle une meilleure compréhension de ce que vivent nos enfants malades en isolation sanitaire ? Je le souhaite. C’est l’un des rares aspects positifs que je trouve à l’actuelle crise. 

Et dire qu’il y en avait tant parmi nous à rechercher la solitude dans un chalet ou en allant pêcher dans une chaloupe au milieu d’un lac au nom de leur « équilibre » et qui maintenant se sentent devenir fous et impatients face au simple mot solitude !