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Au Brésil, l’évangélisation des peuples d’Amazonie interdite pour les préserver du coronavirus

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Un juge brésilien a interdit aux missionnaires évangéliques d’entrer en contact avec les peuples indigènes d’Amazonie, particulièrement vulnérables aux virus importés comme le Covid-19, a révélé vendredi l’ONG Survival International. 

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«Dans une décision historique, le juge Fabiano Verli a empêché les missionnaires évangéliques de contacter les peuples autochtones isolés de la vallée de Javari, qui abrite la plus grande concentration de communautés isolées de la planète», précise un communiqué de l’organisation. 

«C’est la meilleure décision possible», a déclaré Eliesio Marubo, un juriste de l’organisation de défense des peuples indigènes Univaja, cité par Survival International

La décision du juge Verli vise notamment le groupe évangélique américain Ethnos 360 (auparavant connu sous le nom de New Tribes Mission), qui a récemment lancé une collecte de fonds pour acheter un hélicoptère destiné à ses missions d’évangélisation des tribus isolées dans cette région de l’Amazonie brésilienne. 

Pour l’heure, seuls 23 membres de tribus indigènes du Brésil ont été contaminées par le Covid-19 et trois en sont morts. 

Dans sa décision, également publiée dans la presse locale, M. Verli dit avoir eu à coeur «la vulnérabilité particulière des peuples autochtones isolés. Entrer en contact avec eux leur fait courir un grand risque», a-t-il souligné. 

Les maladies amenées par les colons européens ont décimé près de 95% des autochtones d’Amérique. 

Le juge a autorisé un recours à la force pour faire appliquer sa décision, dont le non-respect est passible d’une amende de 1 000 reales (267 dollars canadiens) par jour. 

L’ONG Survival International avait condamné la nomination en février d’un anthropologue et pasteur évangélique, Ricardo Lopes Dias, à la tête du département brésilien de protection des tribus isolées. 

Avec un dernier bilan de 33 682 cas et 2 141 morts du Covid-19, les autorités sanitaires brésiliennes prévoient un pic de la maladie en mai.