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Les cours d’eau toujours surveillés en ces temps de crise

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Les conditions pour la formation de crues printanières dévastatrices comme en 2017 ou l’an dernier sont moins présentes cette année, mais nous ne sommes toujours pas tirés d’affaire, estiment des experts.   

« C’est moins alarmant que l’année dernière, mais c’est quand même préoccupant parce que la neige est présente encore dans certains secteurs. Si le moindrement on devait avoir un redoux et de la fonte rapide, avec plusieurs systèmes de pluie, ça va finir par déborder à plusieurs endroits », prévient Philippe Gachon, titulaire de la Chaire de recherche sur les risques hydrométéorologiques liés aux changements climatiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).  

« Bien que la rivière Outaouais soit déjà haute, les conditions semblent moins propices à de grandes crues printanières à ce moment-ci », abonde dans le même sens Frédéric Fabry, professeur au Département des sciences atmosphériques et océaniques de l’Université McGill.   

« Le risque de grandes inondations est donc beaucoup plus faible cette année qu’en 2017 ou 2019. Cela ne veut pas dire qu’il ne se passera rien, mais ces crues devraient être plus “habituelles”, assez localisées », ajoute ce dernier.  

Nuits froides à notre aide  

Les nuits aux températures sous le point de congélation auxquelles nous avons droit depuis les derniers temps viennent aider la situation des inondations.  

<b>Philippe Gachon</b><br /><i>Professeur à l’UQAM</i>
Photo Hugo Duchaine
Philippe Gachon
Professeur à l’UQAM

« Ce qui nous sauve présentement, c’est que la nuit, ça gèle. La fonte de la neige n’est pas trop rapide. Ça se déroule seulement dans la journée », souligne M. Gachon, ajoutant que la quasi-absence de neige dans le sud du Québec est un autre facteur positif.  

Toutefois, la pluie sera un facteur déterminant et à surveiller dans les prochaines semaines.   

« Si on reçoit à plusieurs reprises 30, 40 millimètres de pluie comme on l’a vu en fin de semaine dernière, ça va venir faire monter les niveaux », fait valoir le professeur à l’UQAM, qui précise que le niveau du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs est « problématique » cette année.   

« Il y a très peu de marge de manœuvre. Le fleuve est plus haut de 40 centimètres par rapport à d’habitude, c’est élevé. [...] Y’a personne qui peut encore dire que les inondations, c’est fini cette année, c’est derrière nous », estime M. Gachon.   

Avec la COVID-19 et les règles de l’éloignement social, il ne faudrait pas que le pire se produise, espère-t-il.  

« Surtout dans un contexte de pandémie, des inondations, ça serait catastrophique. On va se souhaiter tous collectivement que ça n’arrive pas », conclut-il.