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La course aux remèdes: on saura dès le mois de juin si la colchicine est efficace

Une vaste étude est en cours à l’Institut de cardiologie de Montréal

Dr Jean-Claude Tardif Institut de cardiologie de Montréal
Photo courtoisie Des chercheurs partout au Québec participent à l’étude sur la colchicine. Il y a aussi des ententes avec des groupes de New York, Madrid, la Colombie-Britannique, l’Ontario et bientôt la Californie. Sur la photo, le responsable de l’étude, Jean-Claude Tardif.

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Les effets dévastateurs de la COVID-19 chez les personnes vulnérables pourraient être neutralisés grâce à la colchicine, un anti-inflammatoire déjà existant. Les résultats de l’étude hautement financée par Québec sont attendus d’ici juin.

• À lire aussi: COVID-19: la course aux remèdes

Au bout du fil, le Dr Jean-Claude Tardif de l’Institut de cardiologie de Montréal (IMC) est très optimiste. Il mène un vaste chantier afin de prouver que la colchicine, un médicament qui sert à traiter la goutte, permettrait de stopper la tempête inflammatoire causée par la COVID-19 et qui s’attaque aux poumons.  

Les résultats de son étude sur la colchicine pourraient être connus d’ici juin. Le gouvernement du Québec fonde d’ailleurs beaucoup d’espoir sur les travaux du Dr Tardif et son équipe. Ce projet du Centre de recherche de l’ICM a fait l’objet d’un appui de 5,3 M$ de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux. « Cette recherche-là, on la suit de très près », a récemment déclaré la ministre de la Santé, Danielle McCann.  

Bloquer l’inflammation  

L’hypothèse des chercheurs est que les enfants ont naturellement des molécules anti-inflammatoires qui mettent un frein aux complications causées par la COVID-19. C’était la même chose lors de la pandémie de grippe espagnole en 1918, souligne le Dr Tardif.  

Un mécanisme qui s’atténue en vieillissant. C’est pourquoi les personnes âgées ont des symptômes très sévères pouvant provoquer la mort. La colchicine aurait la capacité de bloquer cette réaction inflammatoire.  

Le protocole de recherche prévoyait dès le départ un nombre plus élevé de candidats ayant plus de 70 ans. « On se doutait que c’était cette population-là qui était plus à risque », explique l’expert de réputation internationale.  

Même si le médicament fonctionne, la mortalité restera plus élevée chez les personnes âgées, précise le Dr Tardif. « Ça ne veut pas dire que le médicament n’est pas efficace. Si vous prenez une personne âgée, dont le risque de mortalité est de 12 % et que ça baisse à 4 %... Dans les circonstances, le médicament serait très protecteur », signale-t-il.  

À l’aveugle 

Depuis le 20 mars dernier, afin de réaliser une étude fiable, les responsables de l’étude surnommée COLCORONA cherchent 6000 patients atteints de la COVID-19. « On veut terminer le recrutement, j’espère, d’ici trois semaines », indique le Dr Tardif. Pour que l’étude soit crédible, la moitié des participants prend un placébo et l’autre la colchicine.  

« Nous sommes à l’aveugle, comme le patient. Je ne peux pas vous dire quelle est la réponse au médicament. On va le savoir à la fin de l’étude. »  

Comment participer à l’étude 

Étape 1 

Répondre aux 3 critères suivants:   

  • Avoir un diagnostic de Covid-19 
  • Avoir plus de 40 ans 
  • Ne pas être hospitalisé   

 Étape 2   

  • Appeler au 1 877 536-6837 
  • Une infirmière explique les détails de l’étude 
  • Prise de médicament durant 30 jours (colchicine ou le placébo) 
  • 0,5 milligramme/jour 
  • Possibles effets secondaires (diarrhée)   

Étape 3  

  • Signer le formulaire électronique de consentement éclairé    

Étape 4  

  • Fournir son adresse. Le médicament est livré à domicile en moins de 4 heures   

Étape 5  

  • Suivi avec le patient au téléphone au jour 15 et au jour 30    

Qu’est-ce que la colchicine   

  • Elle provient d’une fleur d’automne qui s’appelle la colchique 
  • Cette fleur a un effet anti-inflammatoire  
  • La colchicine est prescrite pour le traitement de la goutte 
  • Coût : 1 $ par jour pour le traitement   

Le directeur de l’étude toujours convaincu de sa théorie  

Un mois après le début de la pandémie, avez-vous toujours confiance en votre théorie ? 

Autant qu’au début. Il y a des données qui ont été publiées. Elles démontrent que les patients qui ont les marqueurs d’une tempête inflammatoire ont trois à dix fois plus de risque d’être hospitalisés, intubés et mourir. L’hypothèse est confortée par ça. Je suis très optimiste que la colchicine peut prévenir ces complications. Mais, ce n’est pas prouvé.  

Pourrait-on prendre de la colchicine pour prévenir la COVID-19 ? 

Ce n’est vraiment pas une bonne idée. Nous ne recommandons absolument pas de prendre la colchicine actuellement, tant que le résultat de l’étude n’est pas connu. Et ce médicament-là ne sera pas préventif. Il ne préviendra pas l’infection du virus dans votre corps. Ce que l’on pense qu’il va faire, c’est prévenir les complications causées par le virus.  

D’ici trois semaines, vous aurez recruté vos patients. Quand pouvons-nous espérer obtenir les résultats de l’étude ?  

Après une journée. Je me suis engagé auprès du gouvernement. On aura ce qu’on appelle les résultats principaux qui vont nous permettre de prendre des décisions. Il y a un comité de sécurité qui vérifie l’étude. Ils savent qui prend quoi (placébo ou colchicine). Ils pourraient, selon différents scénarios, décider d’arrêter l’étude prématurément. Aux deux extrêmes du spectre, soit l’efficacité extrême ou la futilité.  

Quels sont les effets secondaires ? Une participante à l’étude nous a rapporté avoir eu du mal à respirer avec ce traitement... 

On parle d’une anecdote. La colchicine ne cause pas de dyspnée [essoufflement], selon une étude sur 4700 patients. Est-ce que la colchicine peut causer des effets secondaires plus sérieux ? On surveille ça de près. Ce qui prime, c’est la santé du patient. Si on a un doute, on peut arrêter. En général, le médicament est bien toléré. Ce qu’on a vu pour environ 1 % des cas, ce sont des nausées. Ce médicament doit être prescrit et donné à la bonne dose.  

Ce qu’en pense le doc Béliveau 

Colchicine : « La rapidité avec laquelle cette étude a été mise en branle est tout simplement renversante. »

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.