/news/coronavirus
Navigation

Dernière mise à jour :

Suivez les derniers développements
Voir les derniers chiffres >

Québec

Nombre de cas

Canada

Nombre de cas

Monde

Nombre de cas

Décès

La course aux remèdes: un remède du Québec?

Medicago tente elle aussi de trouver un vaccin contre la COVID-19

Medicago
Photo courtoisie Medicago utilise une plateforme de plantes pour produire des vaccins. L’entreprise avait annoncé le 12 mars avoir mis seulement 20 jours pour produire un premier candidat-vaccin.

Coup d'oeil sur cet article

Des entreprises de Québec prennent part à la course folle vers le développement d’un vaccin contre la COVID-19, un sprint que la planète entière a entrepris avec une longueur de retard sur le virus. « C’est comme essayer de construire un avion en même temps qu’on doit le faire voler tellement tout va vite », explique la direction de Medicago.  

• À lire aussi: COVID-19: la course aux remèdes 

Les journées sont longues et les nuits bien courtes depuis quelques semaines pour les dirigeants de Medicago. Selon l’échéancier actuel, la biopharmaceutique croit être en mesure de mener ses premiers tests sur des humains dès cet été et un essai clinique à grande échelle est envisageable pour l’automne 2021.  

« Ça peut paraître long, mais c’est extrêmement rapide. À titre d’exemple, le vaccin contre la grippe que nous développons a mis six ans à se rendre en étude de phase 3 », explique Nathalie Charland, directrice senior, affaires scientifiques et médicales, chez Medicago.

  • Écoutez l'entrevue de Nathalie Charland avec Sophie Durocher à QUB Radio:

  

Accélérer le processus  

Heureuse de la collaboration de Santé Canada jusqu’à maintenant, Nathalie Charland insiste malgré tout sur l’importance d’accélérer le processus pour « rattraper le retard sur le virus » et gagner la course. Elle cite en exemple ce qui s’est fait dans la lutte à l’Ebola.  

« Quand tu as plus de risques de mourir de la maladie que du vaccin, on a déterminé à ce moment que c’était bénéfique d’accélérer l’administration du vaccin et de surveiller les résultats sur le terrain. On pense que les autorités réglementaires pourraient faire le même type de démarche », estime la directrice, rappelant que la décision finale reviendra à Santé Canada.  

Tour de force  

Chez IMV, une entreprise qui a des bureaux à Québec, on a bon espoir de réaliser un véritable tour de force. Le PDG estime que l’entreprise sera la première à publier une « carte du virus » après avoir identifié ses points faibles. Une façon de mieux cibler l’action du vaccin.  

« On peut le faire en théorie, croire qu’on a identifié ces maillons faibles, mais on estime qu’on sera en mesure avec nos tests précliniques actuellement en cours de valider ce fait sur du vivant, sur des animaux. Cette validation est l’étape la plus importante selon moi », explique Frédéric Ors.  

Selon ce dernier, IMV pourrait tenir ses premiers tests sur des humains en juillet si tout va comme prévu.  

Si Santé Canada va de l’avant avec sa volonté d’accélérer les phases de tests pour rendre accessible un vaccin le plus vite possible, IMV a le début de l’an prochain dans le viseur.  

« Il serait possible d’avoir un vaccin dans les six premiers mois de 2021. Pas pour tous, mais pour les gens vulnérables et ceux qui sont au front, qui soignent les malades », explique M. Ors.   

Les plantes à la rescousse   

  • Le vaccin que tente de produire Médicago provient d’une plateforme unique, soit des plantes.  
  • La séquence génétique du virus y est insérée et on extrait ensuite le vaccin.  
  • Capacité de 1 à 2 millions de doses à l’usine de Québec selon l’entreprise.  
  • Étapes restantes : Tests d’innocuité, tests sur des animaux et trois phases de tests sur différentes tailles d’échantillons humains, le tout entrecoupé d’analyses des résultats par Santé Canada.    

Le financement, le nerf de la guerre  

Des scientifiques croient qu’une importante leçon quant au financement de la recherche en infectiologie devra être tirée de la crise actuelle.   

« La prévention est la clé. Si le financement avait été là ces dernières années, on aurait déjà un vaccin », martèle Denis Leclerc, infectiologue au CHU de Québec.  

Le chercheur déplore que l’on se soit « tous réveillés trop tard » dans la lutte à la COVID-19.   

« Si on avait eu le financement nécessaire dans les dernières années, je crois qu’on aurait pu étouffer l’épidémie à sa source, à Wuhan. [...] Mais comme ça prend des fonds importants, on n’est pas dans un contexte confortable pour la course au vaccin », explique le Dr Leclerc, appelant le gouvernement à tirer des leçons de la crise actuelle.    

Protéger les chercheurs à tout prix  

L’infection d’un employé de laboratoire aurait un effet catastrophique sur l’avancement de la recherche.  

Les entreprises et laboratoires travaillant à la découverte d’un vaccin contre la COVID-19 doivent eux-mêmes lutter contre l’ennemi. Si un de leurs employés contractait le virus, les retards causés par la quarantaine de toute l’équipe ne feraient que retarder un travail déjà trop long.  

« On espère vraiment que personne ne soit malade ici parce que ça pourrait vraiment nous retarder », explique la directrice des affaires scientifiques de Medicago, Nathalie Charland, précisant que plusieurs mesures avaient été mises en place.  

Dans les labos du gouvernement fédéral aussi on a pris les grands moyens pour éviter la propagation. Frank van Lier, directeur de la recherche et développement des bioprocédés a dû scinder son équipe en deux en alternant leur présence au laboratoire.  

« Comme ça, si quelqu’un contracte le virus, on perd seulement 50 % de notre effectif. L’autre équipe peut prendre le relais », explique le chercheur. « Parce qu’en bout de ligne, si nos gens sont contaminés, ce n’est évidemment pas bon pour eux, mais ce n’est pas bon non plus pour la recherche », ajoute M. van Lier, précisant que les efforts de prévention sont de plus en plus difficiles alors que le virus se propage de plus en plus.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.