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Le bras droit québécois de OneRepublic

John Nathaniel
Photo collaboration spéciale, Ali Kay Le producteur québécois John Nathaniel collabore depuis deux ans avec le groupe OneRepublic.

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OneRepublic fait œuvre utile en temps de pandémie. Lancée le 25 mars, la chanson remplie d’espoir Better Days a vite servi de toile sonore à des messages de soutien diffusés par NBC, la LNH, ESPN, de grandes compagnies et une partie de ses recettes servira à venir en aide aux artisans de l’industrie musicale qui ont perdu leurs emplois. La recette de son succès contient aussi un important ingrédient québécois, le producteur John Nathaniel, qui collabore étroitement avec le populaire groupe américain depuis deux ans.  

Entre deux séances de télétravail afin de compléter l’enregistrement du nouvel album de OneRepublic, il a pris quelques minutes pour parler de sa collaboration avec le chanteur Ryan Tedder et le bassiste Brent Kutzle.  


Avant de parler de Better Days, j’aimerais que tu me racontes comment tu as rencontré Ryan et Brent, et de quelle façon vous avez noué des liens.  

«J’ai rencontré Ryan et Brent par l’entremise d’amis, il y a plusieurs années. Nous avions beaucoup de choses en commun : la musique (évidemment), la bouffe (on est tous des “foodies” assumés) et le cinéma/télé. Des liens amicaux se sont créés naturellement et on s’est dit qu’on collaborerait lorsque l’occasion se présenterait.»  


Cela dit, en quoi ta vision artistique et celle du band se rejoignent?  

«On se rejoint sur plusieurs points, que ce soit l’impact émotionnel d’une chanson, le détail dans les pistes vocales, la nuance dans les arrangements, les cordes, les sons parfois un peu excentriques, mais particulièrement sur notre appréciation de la musique urbaine et des grosses basses fréquences.»  


En général, êtes-vous rapidement sur la même longueur d’onde?  

«Très souvent, mais nos différences d’opinons sont aussi un atout. Notre objectif est toujours d’amener la chanson le plus loin possible. On veut aussi être capable de faire vibrer les gens qui l’écouteront de la même façon qu’elle nous fait vibrer. Parce que mon expérience est à la fois en tant que réalisateur, mixer, auteur-compositeur, je m’implique de façon différente sur les chansons du groupe. Je vais jusqu’à faire les chœurs sur certains titres pour enrichir les textures. J’en fais sur Didn’t I, Better Days et quelques autres à venir.»  


Peux-tu me raconter dans quelles circonstances vous avez écrit et composé Better Days?  

«Nous revenions tout juste de Londres quand la nouvelle des mesures de confinement est tombée. Nous étions tous ébranlés par la situation, mais aussi inquiets pour nos amis, notre famille, nos voisins et les citoyens des pays touchés. L’écriture des paroles et la composition se sont faites entre Brent, Ryan et moi. On s’est retrouvé sur FaceTime à échanger des idées, confinés dans deux pays différents. On a créé une première version assez instinctivement et nous avons complété le lendemain. Ryan a enregistré les voix à Los Angeles et on m’a fait parvenir le tout pour que je puisse travailler sur la coréalisation depuis mon studio de Montréal. Le tout s’est fait très rapidement, environ trois jours, incluant le mastering chez Sterling Sound avec Chris Gehringer.»  


Quels sont tes sentiments à l’idée d’avoir contribué à une chanson qui a un fort impact social en période de pandémie?  

«J’ai toujours pensé que la musique existait pour faire du bien, pour rendre heureux, pour partager des moments. Better Days a été écrite pour réconforter. Nous avons reçu beaucoup de témoignages de gens qui ont ressenti notre soutien, c’est le sentiment le plus gratifiant. OneRepublic a fait appel aux fans pour envoyer des vidéos d’eux, en confinement. Ils en ont reçu plusieurs milliers des quatre coins du monde en une semaine seulement et ils s’en sont servi pour créer le clip de la chanson. De voir l’impact sur les fans dans la vidéo, certains qui vivent des moments très difficiles, me fait réaliser à quel point la musique est rassembleuse et ça me touche énormément.»