/news/consumer
Navigation

Dur, dur de trouver de la levure à l’épicerie

Les gens ont fait des «achats de panique» au début de la crise

Ab Mauri de Lasalle
Courtoisie AB Mauri Amérique du

Coup d'oeil sur cet article

La levure semble introuvable tellement les consommateurs se sont rués dans les épiceries pour mettre la main sur cet ingrédient qui leur permet de faire lever pain et pâte à pizza à la maison en temps de confinement.  

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie

• À lire aussi: La farine et le sucre, victimes de leur popularité

Les ménages canadiens ont sauté sur les stocks de levure dès l'annonce des mesures de confinement il y a environ un mois, selon le suivi des ventes au détail du site MarketTrack de Nielsen, spécialisé en analyse des habitudes des consommateurs dans le monde.  

«Pour la semaine se terminant le 21 mars dernier, on constate à l'échelle canadienne une augmentation de 540% de la demande, comparé à la même date l'année d'avant», mentionne Francis Parisien, vice-président de la firme Nielsen.   

À l'usine Ab Mauri de Lasalle, qui fournit 98% du marché nord-américain en levure sèche avec sa levure Fleishmann's, la production n'a jamais cessé depuis sa fondation, il y a 91 ans.   

«On travaille en temps supplémentaire, 7 jours sur 7, 24h sur 24, et on a embauché du personnel pour augmenter notre capacité», explique Charles-André Taché, directeur.  

Des ruées du type «achats de panique», monsieur Taché en a vu d'autres.   

«On le voit aux États-Unis, lorsque des ouragans sont annoncés. Le pain, le lait, les oeufs, la levure, c'est ce qui part en premier. D'habitude, ce sont des mouvements plus localisés, mais un phénomène généralisé comme maintenant, c'est totalement nouveau et surprenant.»  

Provisions  

Durant les deux premières semaines de confinement début mars, les gens ont fait des provisions de pain, puis lorsque les tablettes sont devenues vides, il se sont tournés vers la levure pour faire leur propre pain, croit monsieur Taché.   

«Maintenant que leur provisions sont faites, le pain est revenu sur les tablettes, et il devrait arriver la même chose avec la levure.»  

C'est aussi la théorie de Caroline Fortin, directrice des ventes chez Lallemand, dont l'usine de la rue Préfontaine, à Montréal, fabrique de la levure depuis près de 100 ans, essentiellement destinée à la boulangerie, en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. «Le pain, c'est aussi un symbole de bonheur. Ça sent bon, c'est une belle activité à faire en famille de faire son pain. Les gens ont voulu profiter de leur temps d'arrêt pour s'y mettre,» ajoute t-elle.