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L'animateur Claude Lafortune décède des suites de la COVID-19

L'animateur Claude Lafortune décède des suites de la COVID-19
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L’artiste et humaniste Claude Lafortune, connu pour son émission L’Évangile en papier, fabriquait encore des œuvres il y a quelques mois. Il est décédé dimanche de la Covid-19.  

«C’était un être lumineux», dit la comédienne Marie Eykel, qui était aussi son amie.  

«Les gens le voient comme un homme sérieux, un grand sage. Mais c’était aussi un être très drôle, un joueur de tours», dit l’interprète de Passe-Partout.  

Claude Lafortune est décédé à l’âge de 83 ans dimanche matin. L’homme de Longueuil avait été hospitalisé en raison de complications suite à une pneumonie. C’est à l’hôpital qu’il a contracté le virus de la Covid-19.    

«Ça a été fulgurant dans son cas», explique son fils François Lafortune. Seulement 48 heures se sont écoulées entre le moment où il a su que son père était atteint et son décès.  

 «Le plus triste, c’est qu’on n’a pas pu le voir depuis le 13 mars» en raison du confinement, dit Marie Eykel.  

L’ironie veut donc que Claude Lafortune soit mort seul, alors qu’au cours de sa vie, il avait tenu à accompagner bon nombre de gens dans leurs derniers moments, dit son fils.    

Car M. Lafortune était connu pour ses grandes qualités humaines, en plus de son talent : humaniste, profondément bon, généreux, affectueux, génial, exceptionnel. Les gens qui l’ont connu ne tarissent pas d’éloges.  

«Lui, il n’est pas passé sur terre pour rien», résume l’animateur et ex-politicien Bernard Drainville, qui l’a d’abord connu en tant que député avant de devenir son ami.  

Émission marquante  

Claude Lafortune sur scène dans la peau de Don Quichotte en 2008.
Photo d'archives
Claude Lafortune sur scène dans la peau de Don Quichotte en 2008.

Sculpteur de formation, Claude Lafortune a commencé sa carrière derrière la caméra en participant à la création des décors d’émissions mythiques pour enfants, comme La Souris verte, La Ribouldingue et Sol et Gobelet.   

«Il avait tellement de talent, c’était étonnant. Je connais peu de gens avec cette créativité-là», avoue l’actrice et écrivaine Kim Yaroshevskaya, interprète de Fanfreluche.   

C’est en 1975 que le grand public l’a découvert avec L’Évangile de papier. Cette émission diffusée à Radio-Canada, qui présentait la vie de Jésus avec des personnages fabriqués et manipulés par M. Lafortune, n’a duré qu’un an. Et pourtant, elle a marqué l’imaginaire de toute une génération de Québécois.    

Jeunes différents  

Il a également animé l’émission Parcelles de soleil à partir de 1988, où il recevait des jeunes différents ou vivant une épreuve difficile.  

«Il était très habile à nous faire sentir confortables. Tu sentais qu’il était vraiment intéressé», se souvient le compositeur Maxime Goulet, qui est passé sur ce plateau quand il avait 10 ans en raison de sa dyslexie.  

Jusqu’à la fin, il a perfectionné son art. Il y a « tout un écart » entre ses dernières sculptures de papier et celles d’il y a 40 ans, remarque son fils François Lafortune.
Photo d'archives
Jusqu’à la fin, il a perfectionné son art. Il y a « tout un écart » entre ses dernières sculptures de papier et celles d’il y a 40 ans, remarque son fils François Lafortune.

M. Lafortune n’a jamais cessé de créer des œuvres en papier, un art qu’il a pratiquement inventé et qu’il a perfectionné jusqu’à la fin de sa vie. Il a d’ailleurs été décoré de la Médaille d’or du Lieutenant-Gouverneur du Québec et obtenu un doctorat honorifique de l’UQAM ces dernières années.   

Encore à l’automne, il publiait des photos de ses nouvelles créations et préparait de nouvelles expositions, notent plusieurs proches.  

La dernière sculpture de papier qu’on peut voir sur sa page Facebook est un Victor Hugo minutieusement drapé dans l’incendie de Notre-Dame-de-Paris. La publication est datée de septembre.  

Il avait conçu quinze chars allégoriques pour la fête nationale de 1981.
Photo d'archives
Il avait conçu quinze chars allégoriques pour la fête nationale de 1981.

Un modèle  

Cet «homme de famille» laisse derrière lui trois enfants, sept petits-enfants et une arrière-petite-fille, sans compter un autre descendant à naître dans deux semaines.  

Son petit-fils a d’ailleurs publié un vibrant hommage sur Facebook hier. «Grand-papa, tu sais que tu as été, est, et demeurera toujours un modèle pour moi», écrivait Guillaume Lafortune.  

«Tu as entretenu avec soin toute ta vie durant un amour sincère, authentique et profond de l’être humain, dans toutes ses imperfections et ses contradictions.»  

«Claude était aimé. Mais surtout, aimable», abonde Marie Eykel. «J’étais convaincue qu’il vivrait jusqu’à 100 ans.»  

  

- Avec l'Agence QMI