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«Ils ne meurent pas de la COVID-19, ils meurent de négligence»

Les aînés de la résidence Notre-Dame-de-la-Victoire n’obtenaient pas les soins de base selon les autorités

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Pas moins de 35 des 50 résidents infectés sans le savoir, dont huit hospitalisés d’urgence ; la situation était loin d’être « sous-contrôle » dans un centre pour aînés de Saint-Hubert déserté par une majorité d’employés lorsque les autorités de la santé y ont mis les pieds hier.   

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Les conditions d’insalubrité dans lesquelles vivaient les aînés de la résidence privée Notre-Dame-de-la-Victoire rappellent celles du CHSLD Herron, où 31 personnes âgées ont perdu la vie.   

La résidence de Saint-Hubert compte déjà un décès parmi les contaminés.      

« C’est terrible. Ça n’a pas de bon sens. Ils ne meurent pas de la COVID-19, ils meurent de négligence », lance Christiane Houle-Lapointe, la fille d’un résident.  

Christiane Houle-Lapointe, fille d'un résident
Capture d'écran TVA Nouvelles
Christiane Houle-Lapointe, fille d'un résident

La majorité des employés avaient déserté l’endroit et les résidents n’obtenaient pas des soins de santé de base, ont constaté les équipes du Centre intégré de Santé et de Services sociaux Montérégie-Centre sur les lieux, selon nos informations.   

Les tests réalisés sur les aînés ont révélé que 35 d’entre eux étaient positifs à la COVID-19, alors que le bilan était de zéro avant la prise en charge. Huit ont été hospitalisés d’urgence.   

L’intervention faisait suite à plusieurs inquiétudes de citoyens a rapporté le député Ian Lafrenière.   

Conditions déplorables  

C’est le concierge et sa femme qui s’occupaient de faire à manger pour les aînés depuis que le chef avait été mis en arrêt de travail pour des conditions médicales, rapportent plusieurs proches de résidents.   

« Il n’y a plus personne et ils ont tout laissé. Ce matin, personne n’a mangé », ajoute Mme Houle-Lapointe.    

Aucune sécurité à l’entrée ne permettait de contrôler les allées et venues dans la résidence, selon nos informations.   

De plus, les personnes âgées mangeaient encore ensemble dans la salle commune jusqu’à tout récemment, rapporte Lucie Barriault, 49 ans, dont le père résident a été déclaré positif au virus dimanche.   

La semaine passée, il ne restait qu’une infirmière auxiliaire de soir, évoque pour sa part Nathalie Cook, 53 ans, dont la mère réside également à cet endroit.   

« Il y a des employés qui étaient malades, qui avaient des symptômes, et qui se sont fait dire de rentrer quand même », affirme Mme Cook.   

Rejointe par Le Journal, la direction de Notre-Dame-de-la-Victoire n’a pas voulu commenter.   

Si les proches des résidents ont téléphoné à répétition dans la dernière semaine pour tenter de discuter avec la direction, peu d’entre eux ont réussi à obtenir une réponse.   

C’est 70 % des résidents du centre privé pour aînés Notre-Dame-de-la-Victoire qui étaient infectés à la COVID-19 sans le savoir.
Photo Martin Alarie
C’est 70 % des résidents du centre privé pour aînés Notre-Dame-de-la-Victoire qui étaient infectés à la COVID-19 sans le savoir.

« La directrice, Carole Legault, m’a téléphoné mercredi matin pour me dire que tout était sous contrôle, que le centre était rendu à quatre cas de COVID-19, mais qu’il n’y avait pas de problème », souligne Lucie Barriault.  

Elle ajoute que la directrice ne semblait pas du tout paniquée par la situation, mais plutôt « désorganisée ».   

À ce moment-là, Mme Legault lui aurait dit qu’elle tentait d’obtenir les informations pour pouvoir faire les tests, mais que personne ne lui répondait.   

Le copropriétaire Abraham Kaufman, un courtier immobilier, n’a pas rendu notre appel. Également propriétaire de la Villa du Jardin Fleuri en Mauricie, son permis avait été révoqué en 2017 après avoir reçu 25 plaintes en cinq ans.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.