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Pourquoi se priver de Joanne Liu?

Dr Joanne Liu
Photo d'archives, AFP Dr Joanne Liu

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Quelque chose ne tourne pas rond au Québec. On a une sommité internationale, reconnue dans le monde pour son expertise dans la lutte contre les pandémies, et on fait la fine bouche. 

On pourrait penser que dès la minute où, au Québec, on a fait face à une pandémie, on se serait tourné vers notre spécialiste locale... des pandémies. 

Mais non. Au Québec, on lève le nez sur son expérience. 

Vendredi dernier, j’étais tellement furieuse d’apprendre que Québec avait décliné l’offre de services de la Dre Joanne Liu, ancienne présidente de Médecins Sans frontières, que j’ai demandé à l’avoir en entrevue. 

Elle a été réticente, elle n’arrêtait pas de répéter qu’elle ne voulait pas tirer la couverture sur sa propre personne, qu’il y avait urgence d’agir dans les CHSLD, que c’était ça la priorité. Bref, elle était à la fois modeste et prudente. 

Écoutez cette entrevue assez surréaliste que j’ai réalisée avec elle. 

Vendredi, la ministre McCann a annoncé qu’on allait finalement trouver une occupation à la Dre Liu: l’envoyer aider dans un CHSLD! 

Mais cette femme est une sommité dans l’organisation, la planification, la réponse stratégique face à une pandémie! Pensez-vous que le magazine TIME l’a incluse dans sa liste des 100 personnes les plus influentes en 2015 parce qu’elle est ben bonne pour changer des couches ou apporter des plateaux-repas? 

Puis aujourd’hui, Radio-Canada nous apprend que la raison pour laquelle la Dre Liu a été écartée, ce n’est ni plus ni moins qu’une guéguerre d’ego. 

Selon les sources de Sophie Langlois, «la décision d’écarter la docteure Joanne Liu, sommité internationale en matière de lutte contre les épidémies, des groupes d’experts du gouvernement aurait été motivée par une crainte qu’elle ne puisse être contrôlée». 

MISÈRE!!!!!! 

Le 30 mars dernier, il y a donc TROIS semaines, la Dre Joanne Liu a publié un texte dans le Globe and Mail, expliquant, en se basant sur sa vaste expérience, quelles étaient les trois recommandations qu’elle faisait au Canada pour bien faire face à cette pandémie. 

Je l’avais alors interviewée à QUB radio

Cette femme a vu la pandémie d’Ebola en face. Elle tire sur la sonnette d’alarme depuis TROIS semaines. Et au Québec, on laisse la sonnette sonner sans y répondre? 

Dieu que je nous trouve boboches, des fois. 

Je ne connais rien au hockey, mais je sais que si tu joues un match décisif, tu ne laisses pas sur le banc ton meilleur joueur défensif, sous prétexte qu’il pourrait faire ombrage à ton trio de tête.