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Soins palliatifs: une fin de vie ardue en temps de COVID-19

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Alors que la pandémie de la COVID-19 qui sévit à travers le monde accapare toute l’attention, les patients en fin de vie qui bénéficient des soins palliatifs sont laissés à eux-mêmes. 

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Dimanche, les responsables des soins palliatifs des CIUSSS de Montréal ont lancé un cri du cœur vis-à-vis de la fatigue de leurs intervenants, usés à la corde en ces temps difficiles. 

Dans une lettre destinée à la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux Lucie Opatrny, les experts en soins palliatifs ont rappelé que leur personnel était épuisé ou tombé en quarantaine et que leurs ressources, particulièrement en médicaments, étaient manquantes en raison du rationnement. 

«Nous craignons cependant pour la trajectoire de soins de nos patients en soins palliatifs et en fin de vie, de nos patients avec un cancer ou une maladie incurable. Nous craignons que la souffrance accentuée par le manque de ressources et de possibilités pour notre clientèle montréalaise soit plus intense et à plus long terme que prévu», a-t-on déploré, alors que l’Association canadienne de soins palliatifs (ACSP) voit un «avenir postcoronavirus très incertain». 

Selon le site de Santé Canada, les soins palliatifs permettent notamment «un décès plus paisible et digne» tout en «apportant un soutien à la famille et aux proches au moment du décès». Les membres du regroupement sont d’avis qu’il leur est présentement très difficile de s’acquitter de cette tâche, qui nécessite un contact humain. 

Mourir à la maison 

En raison du manque de personnel et de ressources, les maisons de soins palliatifs ne feraient actuellement plus d’admissions, et les unités de soins palliatifs sont contraintes de fermer ou ne visitent plus les patients en fin de vie à leur domicile. 

«Quand une personne ne peut plus rester à domicile, à Montréal, nous n'avons plus d'autre choix que de l'envoyer à l'urgence, a-t-on rappelé dans la lettre. Certains vont préférer souffrir à domicile et mourir dans des conditions horribles plutôt que risquer [de] ne plus revoir les leurs à l'hôpital. D'autres sont hospitalisés et y meurent seuls, ce que nous comprenons dans le contexte, malgré des directives en faveur d'un certain nombre de visiteurs mises en place.» 

Depuis le 23 mars, seuls les patients en fin de vie imminente (24 à 48 heures restantes) pouvaient recevoir des visites. Le gouvernement provincial a assoupli ses mesures le 11 avril, permettant un visiteur à la fois sans qu’un décès imminent ait été annoncé. 

Sans solutions 

Au Québec et au Canada, les soins palliatifs peuvent être administrés par des professionnels de la santé comme les médecins, les infirmiers et les pharmaciens, mais les travailleurs sociaux, les aidants naturels et même des bénévoles formés peuvent soulager la souffrance des personnes en fin de vie. Tout ce beau monde est cependant bien occupé à lutter contre le coronavirus. 

À l’ACSP, on note aussi des cas où des patients atteints de maladies chroniques se sont fait retirer leur respirateur non invasif pour approvisionner les hôpitaux. Ces personnes sont dorénavant contraintes d’être admises à l’hôpital. 

«Nous n'avons malheureusement pas de solutions faciles à offrir, ni de blâme à poser. Mais nous souhaitions surtout vous faire part de la situation actuelle et des inquiétudes profondes ressenties sur le terrain», se sont désolés les experts des CIUSSS de Montréal.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.