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Elle pourrait être forcée à prêter main-forte auprès des malades

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Une préposée aux élèves handicapés de la couronne nord de Montréal est prise dans un tourbillon administratif après avoir été invitée à des formations pour devenir préposée aux bénéficiaires durant la crise de COVID-19, dont elle peine à se faire exempter malgré la maladie pulmonaire de son mari. 

Audrey-Anne Lévesque accompagne les élèves handicapés à la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles. Son employeur lui a indiqué à la fin de la semaine dernière que son dossier d’employée était dorénavant entre les mains du CISSS des Laurentides, qui allait la contacter pour qu’elle soit déployée en milieu de soins afin de lutter contre la COVID-19. Toutefois, Mme Lévesque vit avec son mari atteint de fibrose kystique et aucune de ses approches afin d’obtenir une exemption de travail auprès des malades n’a fonctionné. Elle déplore surtout la désorganisation des deux institutions, qui ne font que se lancer la balle depuis plusieurs jours. «On me dit que ma présence est obligatoire puis, une heure plus tard, on me dit que c’est volontaire, puis on revient sur la décision. C’est la maison des fous», lance-t-elle, épuisée. 

À la commission scolaire, pour le moment, il est clair que si Mme Lévesque est convoquée pour travailler comme préposée aux bénéficiaires et qu’elle refuse de s’y rendre, un avis disciplinaire sera inclus à son dossier et elle ne recevra plus son salaire, sans avoir droit ni à la PCU ni au chômage. «Ce sera considéré comme un refus de travailler», rapporte-t-elle. Elle a fait parvenir deux papiers de médecins stipulant qu’elle ne devrait pas être mise en contact avec des personnes atteintes de la COVID-19, mais elle n’arrive pas à obtenir une confirmation qu’elle ne sera pas sollicitée. 

«Ça fait près de 40 jours que nous ne sommes pas sortis de chez nous, explique Mme Lévesque. Nous faisons livrer l'épicerie, et des amis nous livrent le reste sur le seuil de notre porte. Je désinfecte tout avec des gants.» Pour elle, il n’y a aucune chance à prendre puisque la maladie chronique de son mari le place déjà dans une déficience pulmonaire importante, la fibrose kystique étant une maladie mortelle entraînant une perte progressive de la fonction pulmonaire. 

Lors de ses derniers échanges avec la commission scolaire, Mme Lévesque a reçu la directive d’attendre que sa présence soit demandée de façon obligatoire. «Ils m’ont dit d’attendre, mais que je pourrais être forcée de me présenter dès cette semaine», se désole-t-elle. Elle se demande surtout comment il est possible que personne ne traite les cas particuliers comme le sien autant du côté du CISSS que de celui de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles. «Personne n’est capable de me dire quelle est la juridiction qui a le gros bout du bâton et qui pourra me sortir de là», affirme-t-elle. 

Nous avons contacté le CISSS des Laurentides, qui nous a répondu par courriel que, «selon les types d’emplois requis, le CISSS des Laurentides préconise toujours une réaffectation du personnel de l’éducation sur une base dite volontaire.» 

On nous mentionne toutefois qu’«après cet exercice, si des besoins ne sont toujours pas comblés dans une installation, une réaffectation de type obligatoire pourrait être effectuée avec la direction des commissions scolaires». La Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles ne nous a pas rappelés. 

Audrey-Anne Lévesque croit qu’il est important de mentionner que ses tâches habituelles ne sont en aucun cas liées à des soins médicaux. «C’est par choix que j’ai décidé de ne pas travailler auprès des malades dans la vie, pour mon mari.» Elle complète par ailleurs une technique en éducation spécialisée et elle a donc offert son aide pour donner des conseils au téléphone durant la crise, mais on n’a pas donné suite à sa proposition.

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