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Le monde «d'après» peut-être pire qu'avant

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L'épidémie de COVID-19 ne fait qu'exacerber les «fractures» mondiales, la rivalité sino-américaine et in fine affaiblir le multilatéralisme, a déploré lundi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.   

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie de coronavirus 

«Ma crainte, c'est que le monde d'après ressemble furieusement au monde d'avant, mais en pire», a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Le Monde diffusée lundi.   

«Il me semble que nous assistons à une amplification des fractures qui minent l'ordre international depuis des années. La pandémie est la continuation, par d'autres moyens, de la lutte entre puissances», a-t-il ajouté.   

AFP

  

Suspension de l’aide américaine à l’OMS

Le président Donald Trump a notamment suspendu la contribution américaine à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse d'être sous l'influence de la Chine, berceau de la COVID-19, en pleine pandémie du nouveau coronavirus.   

«C'est la remise en cause déjà ancienne du multilatéralisme», a relevé le ministre français des Affaires étrangères, les États-Unis s'étant déjà désengagés d'une multitude d'organisations internationales sous la présidence Trump.   

«Cette lutte (entre puissances, ndlr), c'est la systématisation des rapports de force qu'on voyait monter bien avant, avec l'exacerbation de la rivalité sino-américaine», a poursuivi Jean-Yves Le Drian.   

Le président des États-Unis, pays le plus touché par la COVID-19, accuse la Chine, où est apparue la maladie, d'avoir «dissimulé» la gravité de la pandémie et de ne pas révéler le véritable décompte de ses morts.   

Les tensions diplomatiques sont récurrentes entre les deux pays depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump début 2017.   

Washington s'est engagé sur plusieurs autres fronts contre Pékin, de la dénonciation de son expansionnisme militaire en mer de Chine méridionale aux accusations d'espionnage industriel. Les deux puissances ont toutefois conclu en janvier un accord commercial en forme de trêve dans leur guerre des droits de douane.   

Compétition internationale

Jean-Yves Le Drian a déploré «l'extension de la compétition internationale, voire de l'affrontement, à tous les secteurs», y compris sur le «terrain de l'information» où les grandes puissances rivalisent dans la comparaison de leurs modèles respectifs de gestion de la crise de la COVID-19.   

Le «repli» des États-Unis, qui «semblent hésiter à jouer leur rôle de leadership au niveau mondial», complique toute «action collective» sur les grands enjeux mondiaux et encourage les aspirations de puissance de la Chine, a-t-il également relevé.   

«En conséquence, la Chine se sent en situation de pouvoir dire un jour je suis la puissance et le leadership"», a pointé le chef de la diplomatie française.   

Dans ce jeu de puissances, l'Europe a toute sa place, elle doit «se trouver un destin de leadership» plutôt que «s'interroger sur elle-même» comme elle le fait dans la crise sanitaire actuelle, a-t-il insisté.   

La Chine doit aussi «respecter» l'Union européenne, ce qui n'est pas toujours le cas», a-t-il par ailleurs souligné. «Parfois, Pékin joue sur les fragmentations dans l'UE», a-t-il regretté.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.