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Ciccone bouleversé par ses journées passées en CHSLD

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Venu prêter main-forte dans un CHSLD, le député Enrico Ciccone est bouleversé par l’ampleur de la tragédie qui afflige les personnes âgées. L’ex-hockeyeur réclame plus de renfort.  

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« S’il faut appeler l’armée, faut l’appeler. On est en situation d’urgence. Le monde meurt en CHSLD, on dirait que le monde réalise pas ça. Il faut rentrer du monde, pis vite! », lance-t-il avec émotion, après deux jours de travail au Centre d’hébergement Nazaire-Piché de Lachine, à Montréal.     

  • Écoutez l'entrevue de la députée Marie Montpetit avec Jonathan Trudeau à QUB Radio qui apporte son aide dans un CHSLD:  

 

« Moi, tu me donnerais 100 $ l’heure, pis je ne serais pas capable de faire cette job-là à temps plein, reconnaît le député libéral de Marquette. Ils ont besoin d’être mieux payés, c’est clair et certain, mais ça prend plus que ça, car ce n’est pas tout le monde qui est capable de subir ce que tu vois-là. Moi, quand j’ai vu l’os d’un coccyx parce qu’il y avait [un patient qui avait] une grosse plaie de lit, ça n’a pas de bon sens. Les genoux m’ont plié, je suis devenu blanc. »       

  • ÉCOUTEZ la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec pour Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, à QUB Radio:   

Tombés au combat  

Avant même l’appel de François Legault, Enrico Ciccone avait levé la main pour donner un coup de pouce. Dès vendredi, il a été envoyé sur le terrain. À son arrivée au CHSLD, il a pu constater le manque criant de personnel. Après deux heures de travail, deux préposés de son équipe ont quitté l’endroit après avoir été informés qu’ils étaient infectés par le coronavirus. Quatorze des 18 patients dont ils devaient s’occuper avaient la COVID-19.    

« J’étais supposé faire la lessive, préparer les plateaux et donner à manger. Deux heures après, je changeais des couches. C’était bouleversant, je me sentais mal, car je sentais que je brimais la dignité de quelqu’un, tu n’es pas habitué, je me sentais gêné envers la bénéficiaire qui me regardait. Je n’étais pas préparé à ça, c’est vraiment un temps de guerre », se remémore l’ex-joueur de la LNH.    

Dimanche soir, son équipe chargée de prendre soin de 22 résidents ne comptait que trois autres personnes : un comptable et une ingénieure venus comme lui prêter main-forte, ainsi qu’une infirmière. Une préposée est venue en renfort plus tard.    

Conditions d’une autre époque  

« La première personne à qui j’ai donné à manger, je pleurais dans mon masque, c’est terrible, je n’en reviens pas. Ça ne se peut pas des conditions de même, on est au Québec en 2020 ! », peste-t-il.    

« On ne peut pas leur donner une douche, car si on leur donne une douche, il faut désinfecter une douche pour le prochain, on n’a pas le temps de faire ça. Alors on les lave le mieux qu’on peut, à la main. C’est ça la réalité », insiste-t-il.    

L’élu signale que c’est un travail difficile, physiquement et mentalement.

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