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Yoga Jeans : Une entreprise de mode se retourne vers la production d’uniformes médicaux

Eric et Jacob Wazana, propriétaires de Yoga Jeans
Courtoisie Eric et Jacob Wazana, propriétaires de Yoga Jeans

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Après avoir vu leurs ventes drastiquement chuter, les frères Eric et Jacob Wazana ont transformé leur usine de jeans en opération de fabrication d’uniformes médicaux.  

Eric a répondu à nos questions sur ce soudain changement de vocation entrepreneuriale pour Yoga Jeans.   

  

Eric et Jacob Wazana, propriétaires de Yoga Jeans
Courtoisie

  

Depuis le début de la crise, quelles ont été les conséquences pour ton entreprise?    

Nos commandes ont arrêté d’un coup. On commençait à préparer les commandes pour l’été. Soudainement, personne ne voulait prendre leur commande, et d’autres voulaient retourner celle du printemps.   

Avant la crise, on s’en allait vers une année record. On avait donc pris des positions d’inventaires basées sur des prévisions optimistes. On se retrouve avec un gros inventaire et beaucoup de comptes recevables. Si ce n’était pas de la vente en ligne, on serait morts.   

Mon associé Jacob et moi, on s’est dit qu’on devait trouver une solution pour passer la tempête.    

C’est là qu’un ami qui est médecin au New Jersey m’a raconté qu’à force de devoir se changer, il était à court d’uniformes. Et c’est de là qu’est venue l’idée de se retourner sur un 10 cents pour changer notre vocation afin de fournir le milieu médical.   

On a reconfiguré notre usine et on a pris une série de mesures de distanciation sociale pour rendre le travail sécuritaire.    

On a une des plus grosses usines au pays et on a un capital humain incroyable. Les membres de notre équipe sont vraiment solidaires et ils ont retroussé leurs manches.    

Ils sont pratiquement tous revenus au travail. Et depuis, on fournit des uniformes pour les employés d’hôpitaux et de cliniques.  

  

Eric et Jacob Wazana, propriétaires de Yoga Jeans
Courtoisie

  

Quels enjeux entrevois-tu à court terme?   

Ce n’est pas un secret que tout le monde cherche à se faire payer rapidement. On a évidemment l’intention de payer, mais c’est sûr que les gens vont devoir faire preuve de patience pour qu’on puisse tous passer à travers cette tempête.    

  

Malgré les impacts négatifs, crois-tu qu’il y aura du positif qui sortira de tout ça?   

On fait partie des nombreuses entreprises locales qui ont utilisé leur savoir-faire et leurs moyens de production pour contribuer en temps de crise.    

Mais au final, les gens votent avec leur portefeuille. Malheureusement, dans le passé, il y a eu trop de «votes» qui allaient vers la délocalisation de la production.    

J’espère que lorsque tout ça sera terminé, les gens continueront d’être solidaires envers les entreprises d’ici. Quitte à payer un peu plus pour un produit de qualité.   

Ça fait une dizaine d’années qu’on a les volumes de vente qui auraient permis de délocaliser, mais ça nous tenait à cœur de maintenir notre capacité de production ici. Ma mère était couturière, c’est donc important pour moi de conserver des emplois du genre dans la province.    

Acheter local, c’est investir dans notre économie. Et ce sera essentiel pour se remettre de la crise.   

  

Est-ce que tu crois que des mesures plus importantes doivent être prises pour favoriser les entreprises locales?    

Je pense que les gouvernements font une job incroyable dans les circonstances.    

Pour notre part, maintenant qu’on a une licence pour produire de l’équipement médical, on fait beaucoup de progrès. On a décelé plusieurs choses dans ce segment qui pourraient être améliorées au niveau vestimentaire.    

On croit vraiment pouvoir amener une valeur ajoutée à ce domaine.   

Notre nation se doit d’être complètement autonome pour ce qui est des articles nécessaires au domaine médical.   

On doit développer une stratégie à long terme, qui pourrait coûter plus cher initialement, mais qui va garantir qu’on n’aura plus jamais de problèmes en approvisionnement.   

  

  

Comment envisages-tu le retour à ta production normale?  

Depuis la première annulation de commande, je reste positif et je suis fier d’avoir une équipe qui a su tenir le cap.    

Idéalement, j’espère que dans les six prochains mois, nous pourrons retourner à notre vocation première avec Yoga Jeans. Mais parallèlement, on voudrait se lancer dans la production d’uniformes médicaux 100% fabriqués au Québec et à la fine pointe de la technologie.    

Ça va demander des investissements et des formes de subventions pour soutenir les entreprises dans ce virage, mais ayons le courage de prendre nos choses en main.   

  

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