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COVID-19 : Une détenue intente une action collective

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Une détenue qui a contracté la COVID-19 au pénitencier de Joliette, qui est le plus touché par la pandémie, a intenté une action collective contre les services correctionnels à qui elle reproche des manquements face à la crise sanitaire.

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« Des mesures rapides et cohérentes auraient pu rapidement être mises en place pour prévenir la propagation actuelle et protéger efficacement les détenus », affirme Joelle Beaulieu dans sa demande au nom de tous les détenus fédéraux au Québec.

Mme Beaulieu, une autochtone détenue à l’établissement pour femmes de Joliette depuis un an, serait la première à avoir été infectée de la COVID-19 dans ce pénitencier géré par le fédéral. Affectée au nettoyage, son rôle était de laver les locaux administratifs, et donc d’être en contact avec des employés du pénitencier.

« Au début de la crise, elle a participé à au moins trois réunions avec les membres du personnel de l’établissement afin de demander à ce que les officiers portent des masques et des gants ; elle s’est constamment butée à un refus », explique-t-on dans la poursuite déposée par l’avocat Philippe Larochelle.

La détenue affirme avoir reçu des gants pour faire le ménage, mais pas de masques.

Tylenol

Dès le 21 mars dernier, Mme Beaulieu dit avoir commencé à ressentir des symptômes liés à la COVID-19. Inquiète, elle dit avoir lâché son travail pour se confiner, mais elle aurait quand même dû se rendre à une réunion. Puis, comme les symptômes persistaient, elle s’est rendue à l’infirmerie.

« Il lui a été dit que comme elle n’avait pas voyagé, ce ne pouvait pas être la COVID-19, que c’était simplement l’influenza », indique le document de cour ajourant que la détenue s’est fait dire de boire de l’eau et de prendre des Tylenols.

Deux autres détenues se seraient fait dire la même chose. Elles ont finalement été testées et les résultats positifs sont tombés le 1er avril dernier. À ce moment, Mme Beaulieu dit avoir été transférée dans une unité, où elle ne pouvait sortir que 15 minutes par jour, et ce pendant deux semaines.

« Même l’accès à l’eau potable lui était restreint pendant cette période, et elle a souffert de la soif à de nombreuses reprises », est-il indiqué dans la poursuite.

50$ par jour

Pour la détenue, les services correctionnels ont mal réagi face à la crise, malgré des mesures comme la suspension des visites et des permissions de sorties. Elle leur reproche d’avoir mis à risque les détenus, entre autres en déménageant des gens infectés dans des secteurs du pénitencier.

Mais si le cas du pénitencier de Joliette est le pire avec 51 cas positifs, la situation est également grave à Port-Cartier et au Centre fédéral de formation.

« Le Québec compte de loin le nombre le plus élevé de cas testés positifs à la COVID-19 avec 83 détenus positifs dans trois établissements fédéraux », indique le document de cour.

Elle réclame 50$ par jour de détention pour chaque détenu fédéral au Québec, ainsi que 500 $ pour tous ceux qui ont contracté le nouveau coronavirus.

« [Cette indemnisation] est juste et raisonnable, et n’aggrave pas l’état de solvabilité du défendeur », concluent les avocats au dossier.

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