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Pourquoi 40 % du personnel hospitalier ne se lave pas bien les mains

Pourquoi 40 % du personnel hospitalier ne se lave pas bien les mains
Photo d’archives

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Une chercheuse a tenté de comprendre pourquoi 40 % du personnel soignant dans les hôpitaux du Québec ne se lave pas suffisamment les mains. Elle a découvert que le leadership de certains intervenants du milieu de la santé a un impact déterminant à cet égard.  

Les données sur lesquelles s’est basée Josiane Létourneau, docteure en sciences infirmières et spécialiste de la prévention des infections, sont issues de recherches qui ont été menées avant la pandémie de COVID-19.  

Elles sont d’autant plus inquiétantes dans le contexte actuel, alors que le lavage de mains est primordial dans la lutte au coronavirus.  

Dans sa thèse de doctorat, Mme Létourneau démontre que «le leadership mobilisateur peut fortement influencer l’optimisation des pratiques et que la conscience professionnelle peut mener à des actions ayant un effet direct sur la survie des patients», peut-on lire sur le site web de l’Université de Montréal.  

L’étude des cas des unités de médecine-chirurgie et de soins palliatifs d’un hôpital montréalais a permis à la docteure de parvenir à ces conclusions. Elle cite comme exemple l’infirmier en chef du service de médecine-chirurgie, qui a mis en place une procédure qui a été respectée à la lettre par toute l’équipe.  

«Le taux de respect des consignes de lavage des mains est passé de 10 à 70 % en un peu plus d’un an», a expliqué Mme Létourneau.  

Les pratiques cliniques exemplaires en matière d’hygiène des mains consistent à les laver avant d’entrer dans la chambre d’un patient, avant une intervention, après contact avec des liquides biologiques et après être sorti de la pièce.  

Les CHSLD  

Selon Josiane Létourneau, ce type de leadership positif pourrait faire une différence significative dans le contexte actuel, particulièrement dans les CHSLD.  

«On parle beaucoup des CHSLD qui fonctionnent mal. Pourtant, certains ont réussi jusqu’à maintenant à passer à travers la crise sans transmission soutenue du virus. Voilà des endroits où les choses se passent beaucoup mieux. Pourquoi ne pas s’en inspirer?»  

Ancienne coordonnatrice en maladies infectieuses à la Direction de santé publique de Montréal, Mme Létourneau explique que des enquêtes démontraient déjà, il y a plus de 10 ans, une grande disparité dans l’application des mesures de prévention des infections en CHSLD.  

«Certains centres d’hébergement sont vétustes et comptent plusieurs patients par chambre. Le personnel n’est pas toujours bien formé et les équipements sont inadéquats et peu disponibles. Comment éviter la propagation de maladies infectieuses dans de telles conditions?» s'est-elle interrogée.

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