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Une championne dans l’attente

Marie-Ève Dicaire a hâte de connaître la date officielle de son combat contre Claressa Shields

Marie Eve Dicaire
Photo d’archives

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Avant l’arrivée de la COVID-19 en Amérique, la date du 9 mai était cruciale pour Marie-Ève Dicaire. Lors de cette soirée, la championne du monde devait être impliquée dans un combat d’unification contre Claressa Shields. Bien sûr, les plans ont changé. 

« C’est assez étrange comme sensation, a indiqué Marie-Ève Dicaire lors d’une entrevue téléphonique, mercredi. J’ai l’impression que c’était il y a 10 ans. Il me semble que la pandémie au Québec a commencé hier. »

Malgré la situation actuelle, son combat contre Claressa Shields tient encore la route. On parle toujours d’un report, et non d’annulation. Aux dernières nouvelles, Dicaire (17-0) et Shields (10-0, 2 K.-O.) devraient monter sur le ring quelque part en juillet. 

« Ce qui me rassure, c’est notre volonté commune de vouloir s’affronter. Notre duel ferait partie de la relance de la boxe. Ça serait en même temps une sorte de victoire contre le coronavirus, a expliqué la monarque IBF des super-mi-moyennes. Tant qu’on n’a pas le feu vert, on ne peut pas fixer de date. 

« On est à la merci des gouvernements. Par contre, ce n’est pas la première fois dans ma carrière que des galas sont annulés ou reportés. »

Elle fait référence à son choc de l’an dernier contre Lina Tejada, qui avait été annulé parce que son adversaire était borgne. Dicaire n’avait pas tout perdu, car elle était montée sur le ring le mois suivant. 

« Cette fois, c’est particulier parce que c’est une situation mondiale. Pour le moment, la priorité n’est pas la boxe, mais la sécurité de tout le monde. Cependant, je suis en terrain connu avec une situation où je n’ai pas de contrôle. »

Conditions imprévisibles

Dicaire se pose certaines questions sur le type de préparation qu’elle pourra avoir pour son choc contre Shields. 

« On ne connaît pas encore les conditions dans lesquelles on va faire nos camps d’entraînement. On ne sait pas si les frontières seront ouvertes. Ce sera la même réalité des deux côtés.

« Nos entraîneurs devront être créatifs. Je ne suis pas inquiète pour les miens. En janvier, je m’entraînais dans la trappe de sable du saut en longueur du Centre Claude-Robillard. On va faire avec ce qu’on a. »

Avant l’arrivée de la COVID-19, son entraîneur Stéphane Harnois avait concocté un camp d’entraînement de haut niveau pour sa protégée. Il avait préparé la venue de deux Américaines afin qu’elles servent de partenaires d’entraînement à la championne. 

Petit doute

Au départ, le choc Dicaire-Shields devait avoir lieu à Flint, au Michigan. Toutes les parties n’ont pas l’intention de changer de destination avec ou sans spectateurs. C’est ce qu’elles disent date d’aujourd’hui. 

Flint a été relativement épargnée par la COVID-19 avec 1300 cas et 131 décès depuis le début de la pandémie aux États-Unis. Dicaire sera-t-elle craintive de se rendre aux États-Unis ?

« C’est un sujet qu’on va aborder avec mon équipe, a précisé la boxeuse de 33 ans. Je sais que mon promoteur va tout faire pour que ça soit sécuritaire. 

« Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas une petite lumière qui a allumé. Par contre, au moment du combat, il y a des chances qu’on en connaisse davantage sur la COVID-19 et les façons de se protéger. »

Du vélo pour se tenir loin du frigo

Depuis le début du confinement, on voit plein de trucs sur les réseaux sociaux pour se tenir loin du réfrigérateur, et par le fait même, des tentations. Ce n’est pas différent pour les boxeurs. 

Marie-Ève Dicaire sait très bien que sa pause forcée peut représenter un certain piège. Une prise de poids durant le confinement ne serait pas une bonne nouvelle. 

« On a demandé un délai raisonnable de préparation avant notre combat, a indiqué la boxeuse québécoise. Si j’utilise la période de pandémie pour manger tout croche et faire des excès, mon camp me servira seulement à retrouver la forme. 

« Je me garde en bonne condition physique avec un pied sur le frein en attente d’une date. »

L’athlète de 33 ans a trouvé une façon originale pour se tenir loin du frigo lorsqu’elle a des « rages » de nourriture ou de cochonneries. 

« J’ai un horaire réglé au quart de tour avec des entraînements, des activités extérieures et des tâches ménagères. C’était trop facile pour moi de tomber dans un mode où je trouvais que je ne faisais rien. 

« Pour m’éloigner du frigo, j’enfourche mon vélo et je m’en vais faire une promenade très loin. Lorsque je dis à mon chum que je m’en vais en vélo, il sait très bien ce que ça signifie. »

En mode ralenti

Dicaire a toujours été dynamique. Elle a toujours enfilé les entraînements et les projets à un bon rythme. Les journées de repos complet sont rares dans son calendrier. 

Comment a-t-elle fait pour ralentir pendant la période de confinement ?

« Depuis l’âge de 6 ans, j’avais une discipline d’horaire. Puis, tout a basculé du jour au lendemain. Je me sentais en vacances, mais je ne l’étais pas. Ç’a été une adaptation pour moi, a-t-elle souligné. Il a fallu que je me trouve des trucs. 

« Lors des premières journées, à 14 ou 15 heures, j’avais fait le tour de ma routine quotidienne. Je trouvais cela long et je n’étais plus capable de me gérer. »