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Après l’isolement, la santé mentale

Un nombre de personnes bien plus élevé qu’à la normale aura besoin d’aide à la fin du confinement

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Québec va ajuster ses services en santé mentale pour répondre aux besoins du quart de la population victime d’anxiété généralisée ou d’un trouble de stress post-traumatique probablement lié à la pandémie.

D<sup>re</sup> Mélissa Généreux, professeure en santé publique, Université de Sherbrooke
Photo courtoisie, Denis Méthot
Dre Mélissa Généreux, professeure en santé publique, Université de Sherbrooke

La Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse en santé publique à l’Université de Sherbrooke, parle d’une « deuxième catastrophe », tandis que Kawthar Grar, médecin de famille experte en dépendance, s’inquiète de « la prochaine pandémie ».

Les résultats d’une étude menée par Dre Généreux, dévoilés mardi, indiquent qu’un Canadien sur quatre (25,5 %) souffre d’un trouble de stress post-traumatique probable lié à la pandémie.

Une proportion tout aussi élevée est victime d’un trouble d’anxiété généralisée probable.

« Normalement, moins de 5 % de la population développe un trouble d’anxiété généralisée », illustre la médecin. 

Dans un contexte post-pandémie, donc, le système n’aura pas la capacité d’absorber les contrecoups, selon elle. 

« Et quand le stress et la détresse sont provoqués par un élément externe, comme une catastrophe, les gens ont moins tendance à vouloir aller consulter. »

En conférence de presse, vendredi, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a fait savoir que Québec entend bonifier son offre de services en santé mentale à court terme. 

« On prépare un plan. Il est terminé, d’ailleurs », assure-t-elle.

Un plan en santé mentale, « c’est la base devant un enjeu de santé publique au même titre que le coronavirus lui-même, nuance la Dre Généreux. Et comme avec le coronavirus, on voit bien que le plan ne peut se gérer seulement à l’intérieur du réseau de la santé. »

Briser l’isolement

Après la tragédie ferroviaire de Lac- Mégantic en 2013, Mélissa Généreux, alors directrice de santé publique de l’Estrie, a développé un modèle pour briser l’isolement des victimes et assurer le soutien psychologique de la communauté.

Depuis, une « équipe de proximité », composée d’une travailleuse sociale, d’une technicienne en travail social et d’une organisatrice communautaire, travaille sur le terrain dans la municipalité régionale de comté (MRC) du Granit, grâce à un financement annuel de 250 000 $. Et cette équipe est « très active dans le contexte de la pandémie ». 

« J’ai un peu de la misère à croire en une grande stratégie qui fonctionnerait pour tout le Québec. Il y a trop de communautés différentes. On pourrait se payer le luxe d’avoir ce genre d’équipe dans les MRC ou les arrondissements », estime Mélissa Généreux.

Mais cette approche en santé mentale ne fait pas « typiquement » partie des plans des gouvernements, selon elle. 

« Il faut vraiment avoir vécu des catastrophes importantes pour comprendre qu’il faut revenir à la base et bâtir un tissu social plus fort. »

Une pyramide

Elle entrevoit la santé mentale comme une pyramide : « Les médecins, psychiatres et psychologues sont la pointe, mais on doit aussi renforcer la base », qui est faite des voisins, amis, collègues et acteurs sur le terrain. 

L’état psychologique des travailleurs de la santé, moins enclins à demander de l’aide, inquiète quant à elle la Dre Grar. 

« Ceux dans les CHSLD risquent de développer des troubles de stress post-traumatiques. Ce n’est pas normal d’entrer dans les chambres et de ramasser des morts. »

Avec une approche plus informelle, comme celle déployée après Mégantic, les gens auraient plus tendance à communiquer leur état de santé mentale, selon Mélissa Généreux. 

« Ils sont plus à l’aise de s’aider et d’aider les autres. »

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.