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CASA 0425 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

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Plusieurs personnes croient nécessaire d’attendre la fin du printemps pour commencer un potager à l’extérieur. N’attendez surtout pas la fin mai ou juin pour semer et planter des végétaux comestibles dans votre potager puisque plusieurs légumes résistent particulièrement bien au froid. Prenez l’air ce week-end et faites de l’agriculture urbaine, ça vous fera le plus grand bien !  

• À lire aussi: Potager printanier à faire soi-même 

La bette à carde, la betterave, la ciboulette, le kale, le chou, le brocoli, l’épinard, l’estragon, la laitue, la mâche, la menthe, l’oignon, le persil, le poireau, les pois mange-tout et les radis résistent bien à des températures fraîches, voire sous le point de congélation dans certains cas. Ces végétaux peuvent donc être semés ou plantés à l’extérieur en avril, en pleine terre comme en contenants, dès que la température dépasse les 5 °C.     

Voici la description de quelques légumes qui n’ont pas peur du froid, à cultiver dès maintenant dans votre potager ou sur votre terrasse.      

Le calendrier du jardinier  

N’hésitez pas à cultiver vos légumes printaniers en contenants en compagnie de fines herbes et de fleurs comestibles qui ne craignent pas le froid, comme le persil et les pensées.
Photo courtoisie, Albert Mondor
N’hésitez pas à cultiver vos légumes printaniers en contenants en compagnie de fines herbes et de fleurs comestibles qui ne craignent pas le froid, comme le persil et les pensées.

Travaux à effectuer à la fin d’avril   

  • Terminer la taille des arbres et arbustes fruitiers tels que les pommiers et framboisiers.     
  • Vaporiser de l’huile horticole sur les arbres fruitiers avant l’éclosion des bourgeons.     
  • Effectuer le semis à l’intérieur des légumes d’origine tropicale, tels que les aubergines, poivrons et tomates.     
  • Effectuer le semis ou la plantation à l’extérieur des fines herbes et des légumes résistants au froid, tels que le kale, la laitue, le persil et les radis.     
  • Épandre du compost dans le potager et les plates-bandes.     
  • Épandre du compost et un engrais à dégagement lent riche en azote sur la pelouse.          

Carotte  

La carotte « Pusa Asita » présente une spectaculaire coloration violette, presque noire. Très riche en antioxydants, elle possède un goût riche et savoureux.
Photo courtoisie, Baker Creek Heirloom Seeds
La carotte « Pusa Asita » présente une spectaculaire coloration violette, presque noire. Très riche en antioxydants, elle possède un goût riche et savoureux.

Le semis en pleine terre des carottes peut être effectué trois à quatre semaines avant le moment où tout risque de gel est nul. Dans le sud-ouest du Québec, il est donc possible de semer ce légume dès la mi-avril afin d’obtenir une récolte hâtive. En faisant deux ou trois semis successifs, en avril, en mai et en juin, la récolte se prolongera ainsi jusqu’à l’automne. La carotte apprécie le plein soleil, mais elle est aussi l’une des rares plantes potagères qui tolèrent l’ombre légère. Elle pousse bien dans un sol léger et frais, bien ameubli et amendé de compost.     

Il faut mettre les semences de carotte en terre à une profondeur d’environ 1 cm (1/2 po). Comme les semences sont minuscules, il est très difficile de les distancer convenablement. Vous pouvez simplement essayer d’espacer votre semis le mieux possible et, ensuite, laisser tous les plants en place sans faire d’éclaircissage. Cependant, les carottes que vous récolterez seront de dimensions variables. Selon les cultivars, la récolte se fait habituellement entre 50 et 70 jours après le semis.     

D’autre part, certains jardiniers s’astreignent à éclaircir les plants en coupant ceux en surplus à l’aide de ciseaux, mais des études ont démontré que le fait de couper ou de toucher beaucoup le feuillage des carottes aurait pour effet d’attirer davantage la mouche de la carotte. L’utilisation d’agrotextiles et le compagnonnage avec les oignons sont deux bons moyens d’éviter les attaques de cet insecte.     


Kale  

Le kale « Winterbor » est robuste et très résistant au froid.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Le kale « Winterbor » est robuste et très résistant au froid.

Le kale est en fait un chou dont les feuilles frisées ne prennent pas une forme pommée. Puisqu’il est particulièrement résistant au froid, on peut semer les graines de ce légume à l’extérieur dès la mi-avril. Les semences doivent être mises en terre à une profondeur de 13 mm (1/2 po). Il est aussi possible de transplanter au jardin des semis de kales qu’on a partis soi-même à l’intérieur.     

Le kale a une préférence pour les terres argileuses riches et humides exposées à six heures d’ensoleillement et plus.      


Laitue  

La laitue « Grosse Blonde Paresseuse » a été présentée pour la première fois en 1854 dans le catalogue du célèbre grainetier français Villemorin. Cette laitue pommée plantureuse présente des feuilles croquantes de couleur vert tendre à la saveur légèrement beurrée.
Photo courtoisie, Association Kokopelli
La laitue « Grosse Blonde Paresseuse » a été présentée pour la première fois en 1854 dans le catalogue du célèbre grainetier français Villemorin. Cette laitue pommée plantureuse présente des feuilles croquantes de couleur vert tendre à la saveur légèrement beurrée.

Comme elle tolère mal les chaleurs estivales, il est préférable de faire le semis de la laitue en pleine terre dès la fin d’avril ou en mai afin de pouvoir effectuer la récolte avant la mi-juillet. Qu’on le plante au plein soleil ou à la mi-ombre, ce légume-feuille pousse bien dans un sol léger et frais, bien ameubli et amendé d’un peu de compost.      


Pak-choï  

Pak-choï « Asian Delight » est couramment appelé bok-choy.
Photo courtoisie, All America Selections
Pak-choï « Asian Delight » est couramment appelé bok-choy.

Le pak-choï – aussi appelé bok-choy – est un proche parent asiatique du chou qui possède des tiges et nervures blanches.      

Cette plante réputée pour sa tolérance au froid peut être cultivée tôt en saison, en avril et en mai. Le semis hâtif permet d’éviter que ce légume subisse les chaleurs estivales qui ont généralement pour effet d’amorcer sa floraison et d’altérer sa qualité gustative. « Asian Delight », « Canton » et « Joi Choi » sont d’ailleurs quelques variétés qui ne fleurissent pas aussi rapidement à l’arrivée du temps chaud.     

Le pak-choï apprécie le plein soleil et un sol léger riche en compost, frais, mais bien drainé. La transplantation étant difficile, mieux vaut faire un semis directement en pleine terre. La récolte du pak-choï se fait rapidement, soit à peine 45 à 50 jours après le semis.       


Poireau  

Les cultivars de poireaux « Alaska », « Below Zero » et « Northern Lights » sont robustes et survivent aisément à nos hivers.
Photo courtoisie, Thompson and Morgan
Les cultivars de poireaux « Alaska », « Below Zero » et « Northern Lights » sont robustes et survivent aisément à nos hivers.

Contrairement à ce que plusieurs jardiniers croient, le poireau n’est pas un légume annuel, mais plutôt une plante potagère vivace très rustique. Comme dans le cas des asperges et de la rhubarbe, on peut le semer une seule fois et laisser chaque automne quelques plants en place dans le potager lors des récoltes. Le semis de poireau peut être fait hâtivement dès la mi-avril ou en mai.     

Les plants de poireaux laissés en place à l’automne fleuriront au printemps suivant, produisant de jolies sphères de fleurs rose et blanche. Après avoir fleuri, le poireau produira une foule de rejetons qui formeront une touffe dense à sa base. L’automne et l’hiver suivants, il suffira de récolter quelques tiges de cette touffe en prenant soin d’en laisser deux ou trois en place pour la récolte de l’an prochain.      


Pois mange-tout  

« Little Snow Pea » est un cultivar de pois mange-tout nain qui ne nécessite aucun tuteurage.
Photo courtoisie, whperron.com
« Little Snow Pea » est un cultivar de pois mange-tout nain qui ne nécessite aucun tuteurage.

Puisqu’ils tolèrent particulièrement bien le froid, les pois mange-tout peuvent être semés dès la mi-avril dans le sud de notre province. Il n’est pas nécessaire d’attendre la production de fruits pour consommer cette plante. Trois à quatre semaines après le semis, on peut déjà récolter les jeunes pousses.     


Pomme de terre  

La pomme de terre « Russet Burbank » est un cultivar ancien à chair blanche et à peau brun roux qui est cultivé depuis 1872. La chaîne de restauration McDonald’s utilise principalement des pommes de terre « Russet Burbank » pour la fabrication de ses fameuses frites.
Photo courtoisie, Albert Mondor
La pomme de terre « Russet Burbank » est un cultivar ancien à chair blanche et à peau brun roux qui est cultivé depuis 1872. La chaîne de restauration McDonald’s utilise principalement des pommes de terre « Russet Burbank » pour la fabrication de ses fameuses frites.

Contrairement à la majorité des plantes potagères, les pommes de terre ne sont pas propagées par semences. Pour obtenir une récolte, vous devrez donc mettre des tubercules en terre, achetés au supermarché ou chez un semencier. Placez les tubercules dans un endroit lumineux 10 à 15 jours avant la plantation à l’extérieur – sur le comptoir de votre cuisine, par exemple – afin de les faire germer. Ensuite, vous pourrez les planter en pleine terre en mai, au moment où le pissenlit fleurit, soit environ deux à trois semaines avant le dernier gel prévu.    

Vous pouvez planter les petits tubercules directement dans le sol sans avoir à les couper. Toutefois, les tubercules plus gros doivent être tranchés en morceaux qui ont la grosseur d’un œuf et qui comprennent au moins une jeune pousse chacun. N’oubliez pas d’enduire les plaies avec du soufre avant de planter vos tubercules. Les tubercules doivent être disposés à une profondeur d’environ 10 cm et être distancés de 30 cm. Laissez un peu plus de 60 cm entre les rangs. La pomme de terre affectionne les terres légères, profondes et riches, situées en plein soleil. Avant de planter, enrichissez le sol avec du compost.    


 Betterave  

La betterave « Burpee’s Golden » produit de savoureuses racines de couleur jaune doré.
Photo courtoisie, Jacques Bourdon
La betterave « Burpee’s Golden » produit de savoureuses racines de couleur jaune doré.

Le semis et la plantation des betteraves peuvent être effectués quelques semaines avant les derniers gels printaniers, soit dès la fin d’avril dans la région.    

Les betteraves apprécient le plein soleil ainsi qu’un sol argileux amendé de compost et bien drainé. On doit mettre les semences en terre à une profondeur d’environ 13 mm (1/2 po). La récolte des betteraves se fait habituellement 60 jours après le semis, mais on peut aussi récolter les jeunes feuilles 15 à 20 jours seulement après la germination, afin de les manger en salade.     


Radis  

Pour mettre de la couleur dans votre assiette, semez des variétés de radis colorées telles que « Cherry Belle », « Hailstone », « Helios » et « Purple Plum ».
Photo courtoisie, terrepromise.ca
Pour mettre de la couleur dans votre assiette, semez des variétés de radis colorées telles que « Cherry Belle », « Hailstone », « Helios » et « Purple Plum ».

Puisqu’ils tolèrent particulièrement bien le froid, les radis figurent parmi les légumes qui peuvent être semés le plus hâtivement au potager, soit dès le dégel du sol en avril. Comme leur croissance est très rapide, on peut espérer effectuer la récolte des radis une trentaine de jours seulement après le semis.     


  

Salsifis  

Le salsifis est très facile à cultiver sous un climat nordique comme le nôtre.
Photo courtoisie, lasocietedesplantes.com
Le salsifis est très facile à cultiver sous un climat nordique comme le nôtre.

Le salsifis est un légume dont la longue racine blanc-jaunâtre est très semblable à celle de la carotte. Simplement rôti dans du beurre, le salsifis est tout simplement irrésistible.    

Cette plante se sème au potager à la fin d’avril ou en mai et se cultive à peu près de la même façon que la carotte. Le salsifis performe toutefois mieux dans les sols argileux, à condition qu’ils aient été amendés de compost. Il s’agit d’un légume très robuste, bisannuel ou vivace de courte durée, qui peut survivre à nos hivers rigoureux.     


Roquette vivace  

Les fleurs de roquette vivace sont aussi comestibles.
Photo courtoisie, Jeantosti
Les fleurs de roquette vivace sont aussi comestibles.

Le diplotaxis fausse roquette, aussi appelé roquette vivace, possède des caractéristiques semblables à celle de la roquette typique. Toutefois, cette plante originaire d’Europe est vivace sous notre climat (zone 4 b) et elle est plus facile à cultiver que cette dernière. De plus, à la fin du printemps et au début de l’été, elle produit des petites fleurs blanches qui attirent les abeilles et qui sont comestibles tout comme son feuillage.    

La roquette vivace peut être semée ou plantée au potager à la fin d’avril ou au début de mai. Cultivée en plein soleil dans un sol argileux, elle donne d’excellents résultats et elle est généralement peu attaquée par les insectes ravageurs.    

Protégez vos plants et semis du gel  

Afin de construire une couche froide, optez pour du cèdre ou du chêne et assurez-vous de recouvrir la partie interne des parois avec du polystyrène extrudé ou avec une membrane géotextile épaisse, idéalement plastifiée. Il est également possible de brûler le bois qui sera en contact avec la terre à l’aide d’une torche afin d’empêcher les bactéries et les champignons de décomposer le bois.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Afin de construire une couche froide, optez pour du cèdre ou du chêne et assurez-vous de recouvrir la partie interne des parois avec du polystyrène extrudé ou avec une membrane géotextile épaisse, idéalement plastifiée. Il est également possible de brûler le bois qui sera en contact avec la terre à l’aide d’une torche afin d’empêcher les bactéries et les champignons de décomposer le bois.

Bien que la plupart des légumes présentés dans cet article puissent résister à des températures sous le point de congélation, il est préférable de couvrir les semis et les jeunes plants avec un agrotextile s’il y a risque de gel.   

Les agrotextiles sont des tissus de couleur blanche ressemblant à des voiles, utilisés principalement pour protéger les cultures des attaques des insectes et des oiseaux, sans toutefois empêcher les rayons du soleil de toucher les plantes et réduire leur capacité photosynthétique.   

Certains agrotextiles sont isolants et permettent de maintenir autour de la plante une température d’environ 5 °C de plus que l’air ambiant. Ainsi, si la température extérieure descend sous le point de congélation, les végétaux recouverts d’un agrotextile ne sont tout simplement pas affectés par le gel.   

Plantes potagères protégées du froid par un agrotextile.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Plantes potagères protégées du froid par un agrotextile.

Il existe plusieurs façons de recouvrir des plantes comestibles avec un agrotextile, mais la méthode la plus simple est assurément de le disposer sur des arceaux en métal ou des tuyaux en plastique flexibles.   

Une autre technique efficace pour débuter la saison d’agriculture urbaine extérieure hâtivement est l’utilisation d’une couche froide. Il s’agit en fait d’un coffrage en bois ou en bois composite de 30 à 50 cm de hauteur, sans fond, fixe ou transportable, que l’on recouvre d’une fenêtre ou de tout autre
matériau plastique translucide (polycarbonate, polypropylène ondulé [coroplast], etc.). On peut donner une inclinaison vers le sud à la fenêtre ou au matériau qui recouvre la couche froide, mais cela n’est pas absolument nécessaire.   

La couche froide peut être construite en plusieurs sections, que l’on superpose selon la hauteur des plantes cultivées. Par temps ensoleillé et lorsque la température est chaude, il est très important d’ouvrir la couche froide pour permettre l’aération, et ainsi éviter la condensation et une récolte de légumes... cuits ! Le soir, il faut refermer complètement la fenêtre. N’oubliez surtout pas de recouvrir votre couche froide de paille ou d’une couverture épaisse si on annonce un gel très important.
  


Retrouvez l’expertise et les astuces de l’horticulteur Albert Mondor compilés dans son manuel de jardinage Le nouveau potager. Le jardin comestible pour tous les espaces, publié aux Éditions du Journal.  

<strong><em>Le nouveau potager. Le jardin comestible pour tous les espaces,</em></strong> par Albert Mondor, Les Éditions du Journal, 256 pages.
Photo courtoisie
Le nouveau potager. Le jardin comestible pour tous les espaces, par Albert Mondor, Les Éditions du Journal, 256 pages.