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Pourquoi les spécialistes n’ont pas tous pu aider

Seulement 350 spécialistes sur 2300 ont pu se rendre en CHSLD

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Conflit d’horaires, peur de répandre le virus dans d’autres régions, manque de qualifications ou risque de bris de services. Les raisons sont nombreuses pour lesquelles la majorité des médecins spécialistes réclamés par François Legault n’ont pas pu aller prêter main-forte en CHSLD.

La semaine dernière, François Legault disait espérer 1000 spécialistes pour faire du travail d’infirmières ou de préposés dans les centres d’hébergement. Même si 2300 ont levé la main, la plupart n’ont pas pu être réaffectés. Plusieurs n’ont même pas été appelés. Notre Bureau d’enquête s’est entretenu avec quatre d’entre eux. 


Dr Jean Palardy, endocrinologue

Photo courtoisie

Le Dr Jean Palardy ( à gauche) a troqué son sarrau d’endocrinologue pour devenir coach en prévention des infections dans un CHSLD de Laval. « J’ai été un peu chanceux. Il y en a qui font n’importe quoi en CHSLD comme déboucher des toilettes. On n’a pas été formés pour ça », dit-il. Il a fallu trois jours avant qu’il soit appelé par le CISSS de Laval, où il travaillait déjà. Son travail consiste à former les employés dépêchés en renfort sur les meilleures pratiques pour ne pas se contaminer.


Dr François Evoy, neurologue

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Après s’être porté candidat, le Dr François Evoy a réalisé que cela risquait de mettre à risque le département qu’il dirige au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. « Avant de faire le ménage dans un CHSLD, on a un hôpital à s’occuper », dit-il. Sur les 14 membres de son équipe, trois ont 70 ans et plus et sont donc exclus d’office. Ils doivent aussi être présents pour les urgences ou pour les suivis en clinique externe. Résultat, seulement cinq pourraient aider, mais pas tous en même temps. Et si certains deviennent contaminés, il y a un risque de rupture de services. Déjà hier, le département a dû venir en aide au Centre hospitalier de Trois-Rivières où un médecin était malade.


Dr Patrick Chagnon, interniste

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Spécialiste en médecine interne à Victoriaville, le Dr Patrick Chagnon a offert son aide. Son CISSS l’a sondé pour savoir s’il était disponible pour quatre ou sept jours de suite. Puis plus rien. Il ne comprend pas qu’on lui ait demandé d’aller prêter main-forte à l’extérieur alors qu’on demande de limiter les déplacements entre régions. Il estime aussi que la quarantaine après un séjour en CHSLD n’est pas claire et il craint d’exposer des patients en revenant.


Dr Jean-François Latulippe, chirurgien

Appelé la veille, le Dr Latulippe a passé la soirée de samedi au CHSLD Pierre-Joseph-Triest à Montréal. Il a distribué des médicaments aux patients comme infirmier auxiliaire et il y retournera samedi prochain. « C’était assez exigeant. Heureusement, il y avait trois préposés qui nous aidaient », dit-il. Le chirurgien dit qu’une de ses collègues qui fait de l’oncologie n’a pu aller en CHSLD parce que cela mettrait trop à risque ses patients à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.