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Quelles sont les perspectives pour les marchés boursiers et l'économie?

Wallstreet bull and bear on stock chart background. Stock exchange concept
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Avec tous les bouleversements qu’on vit depuis quelques semaines, il devient difficile de se faire une tête sur ce qui nous attend économiquement.   

Maral Dolmadjian, CFA, une spécialiste des produits de placement chez Placements mondiaux Sun Life, a répondu à nos questions sur les perspectives des marchés boursiers et de l’économie.*         

  

À ce stade de la crise, comment peut-on la comparer aux 2 précédentes? Qu’est-ce qui la distingue?  

Maral: 2001 était marquée par l’éclatement de la bulle Internet et les attaques du 11 septembre; 2008 était un problème structurel qui a mené à une crise financière.        

La situation actuelle est une pandémie mondiale, c’est une crise sanitaire. Ça affecte non seulement l’offre, mais aussi la demande en raison des quarantaines mises en place pour lutter contre la propagation du virus.       

On est en terrain inconnu puisque ces mesures n’ont pas été employées par le passé. La direction qu’on va prendre va dépendre de la façon dont les économies vont se redresser après le confinement.        

Le point positif dans tout cela est que la réponse politique est sans précédent. Au Canada et aux États-Unis, nous avons les banques centrales qui ont suggéré une approche démontrant qu’elles sont prêtes à tout faire.        

Et il y a les gouvernements qui mettent en place des plans de relance assez massifs pour soutenir les particuliers et les entreprises jusqu’au moment où les économies rouvriront et retrouveront une certaine forme de normalité.        

  

Après 2008, ça a pris quelques années pour que les marchés atteignent de nouveaux sommets. Peut-on croire que ce sera similaire cette fois-ci?  

Si l’on se sert de l’histoire comme guide, après d’importants reculs, les marchés se redressent éventuellement. Nous l’avons vu avec la crise de 2008 et d’autres crises avant cela.        

Si nous examinons les réactions du marché lors des précédentes épidémies, comme celle du SRAS en 2003 par exemple, le marché a vécu une baisse lorsque les cas de virus ont fait leur apparition, mais une fois qu’ils ont atteint un sommet pour ensuite diminuer, le marché a rebondi et s’est redressé 3 mois plus tard.        

Comme il s’agit d’une pandémie mondiale et à cause des mesures prises pour la contenir, l’impact sur le marché a été beaucoup plus sévère que celui du SRAS ou d’autres épidémies virales. Par conséquent, il se peut que les marchés mettent plus de temps à s’en remettre, mais une fois que nous serons au stade du confinement du virus, un certain optimisme pourrait revenir sur les marchés.         

Il y a principalement trois éléments qui pourront aider les marchés à se remettre sur la bonne voie.     

Des plans de relance budgétaires provenant de partout à travers le monde. Des premiers plans ont été annoncés aux États-Unis, au Canada et en Europe. Mais nous en aurons probablement besoin de plus.      

Le confinement du virus en Europe et aux États-Unis, et à travers le monde aussi, va être un facteur important. Et ensuite de continuer de surveiller pour des secondes vagues ou des flambées du virus ailleurs.        

Il faudra voir l’activité économique revenir à des niveaux normaux en Chine. Nous surveillons de près la situation pour voir si des indicateurs montrent que la reprise a commencé dans ce pays. Cela pourrait nous donner un aperçu de la façon et du moment d’une éventuelle reprise sur d’autres marchés.       

  

Pour les personnes qui peuvent investir à l’heure actuelle et qui souhaitent profiter de prix plus bas, quels sont les secteurs les plus intéressants et ceux à éviter?  

Pour les investisseurs à long terme qui peuvent et souhaitent investir à l’heure actuelle, il peut y avoir des opportunités, mais il pourrait y avoir un autre recul dans les marchés étant donné que tous les risques ne sont pas encore connus en ce qui concerne le virus.       

Comme je ne peux pas donner de conseils financiers, je peux partager ce que nous avons fait à l’intérieur de nos portefeuilles chez Placements mondiaux Sun Life.         

En général, nous sommes légèrement sous-pondérés en actions, car nous croyons que la reprise récente des marchés a été un peu trop rapide et les marchés ne reflètent pas pleinement l’impact du relâchement économique.         

En termes géographiques, nous privilégions les actions américaines par exemple. Les entreprises américaines sont généralement en meilleure santé, et l’économie américaine était relativement plus solide avant le coronavirus. La Réserve fédérale et le gouvernement américain disposent d’une plus grande marge de manœuvre pour stimuler l’économie et potentiellement mieux naviguer cette tempête.        

En termes de secteurs, nous croyons que la technologie et les entreprises liées à la technologie continueront de bien faire. Lors des précédents ralentissements, elles étaient parmi les plus touchées, mais cette fois-ci, ce secteur a tenu le coup. Et c’est parce que nous utilisons la technologie pour travailler de la maison ou pour nous divertir en isolation. La technologie occupe une place plus importante dans l’économie et pourrait continuer d’être quelque chose sur laquelle nous compterons de plus en plus.         

Le tourisme et les voyages sont une industrie qui a été fortement touchée par le coronavirus et qui pourrait mettre du temps à se rétablir, avec quelques faillites potentielles aussi.         

  

Peut-on déjà entrevoir une résurgence de certains secteurs manufacturiers au Canada?  

Il est trop tôt pour le savoir.        

Chaque pays a son propre mouvement «d’achat local». Étant donné que nous dépendons des États-Unis et que cela ne va pas changer, nous avons besoin qu’ils continuent d’acheter nos produits.        

Mais il ne fait aucun doute que les chaînes d’approvisionnement seront ajustées afin de moins dépendre de certains pays.       

  

La situation actuelle peut-elle conduire à l’inflation?  

Nous pouvons potentiellement observer une pression à la baisse sur l’inflation à court terme, et potentiellement un certain risque que l’inflation atteigne un niveau plus élevé à plus long terme, en raison des réponses politiques visant à atténuer l’impact de la COVID-19.       

  

*Les opinions exprimées concernant une société donnée, la sécurité, l’industrie ou des secteurs du marché ne doivent pas être considérées comme une indication d’intention de réaliser des opérations visant un fonds de placement géré par Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc. Elles ne doivent pas être considérées comme des conseils de placement ni comme des recommandations d’achat ou de vente.  

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