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Une entreprise québécoise diffuse des funérailles et des expositions de défunts sur le web

Une entreprise québécoise diffuse des funérailles et des expositions de défunts sur le web
Gregorio Nico/Unsplash

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Cérémonies en chapelle, funérailles ou même exposition du corps en direct sur le web permettent ces jours-ci aux proches d’un défunt de souligner son départ sans se déplacer. Une façon de faire qui pourrait devenir la norme, croit une entreprise de Québec.  

«C’est sûr que ce qu’on fait, ça ne remplace jamais la présence humaine, mais c’est une bonne manière de s’adapter à la situation», soutient Chantal Lepage, copropriétaire de funeraweb.tv. À la demande des maisons funéraires, sa compagnie diffuse des funérailles sur internet depuis 2014.     

«Au départ, notre service était destiné aux personnes à mobilité réduite, aux gens plus malades qui ne peuvent pas nécessairement se déplacer pour rendre un dernier hommage ou aux gens qui ont de la famille à l’étranger», mentionne Mme Lepage qui a déployé son équipement partout au Québec et dans une partie du reste de Canada.   

  

«On dessert presque 100 chapelles au Canada, ajoute-t-elle. Environ une vingtaine d’emplacements sont de nouveaux endroits pour nous depuis le début de la pandémie. Il y a eu une hausse de la demande et on a répondu à l’appel.»   

Dans l’intimité  

Comme le système est géré à distance, il est possible de respecter l’intimité des proches sans avoir à déplacer un caméraman. Les caméras sont fixées en amont et tout se gère par ordinateur. Les familles peuvent également choisir de rendre les funérailles disponibles à tous sur le site web de la maison funéraire et sur funeraweb.tv, mais ils peuvent également opter pour une diffusion qui nécessite un mot de passe.  

  

«Dans les deux premières semaines de la crise, on a fait autant d’installations qu’en huit mois d’opérations régulières», remarque Mme Lepage. Depuis le début du confinement, funeraweb offre l’exposition en plus de la cérémonie. «C’est une dimension à laquelle on n’avait pas vraiment songé auparavant, mais maintenant que les gens ne peuvent plus s’approcher les uns des autres, c’est d’autant plus pertinent de pouvoir voir un être cher avant la fermeture du cercueil.»  

  

  

Pour Mme Lepage, c’est la meilleure façon de ne pas mettre les funérailles sur pause malgré les circonstances. «On a une cérémonie à Jonquière qui a été vue par plus de 400 personnes et elle a été projetée dans la résidence pour aînés de la défunte. Son fils était en Ontario et ne pouvait pas se déplacer. Il a pu tout voir à distance, ajoute-t-elle.   

Attendre plutôt?  

D’autres personnes endeuillées choisissent plutôt de patienter jusqu’à la fin du confinement pour rendre hommage à leurs proches disparus. La compagnie montréalaise Muna organise diverses célébrations de la vie qui nécessitent une très longue planification.   

Une entreprise québécoise diffuse des funérailles et des expositions de défunts sur le web
LOU RAYSIDE

  

«C’est une bonne chose de prendre le temps de vivre notre deuil, dit la fondatrice, Erika Scott Giasson. Souvent, la mort, le salon, l’enterrement, ça se passe trop vite. On commence notre deuil en plein milieu d’une gestion administrative. C’est pas l’idéal», soutient-elle, ajoutant que l’attente peut mener à une cérémonie encore plus spéciale.   

Érika Scott Giasson, fondatrice de Muna
LOU RAYSIDE
Érika Scott Giasson, fondatrice de Muna

«On peut choisir de célébrer la personne à la date de son anniversaire, on peut prendre le temps de définir les moments-clés de son histoire pour que l’adieu soit vraiment à son image.» Un repas gastronomique, une fête en nature, un chant de chorale ou autres.   

Mais pour ceux qui ont besoin de tourner la page rapidement, les funérailles en direct sur le web seront par ailleurs «extrêmement positives», croit Chantal Lepage. «On croit en l’avenir virtuel funéraire», conclut-elle.

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