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Une leçon mal préparée

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo AFP Le premier ministre canadien, Justin Trudeau

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Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, avait raison de dire que ce n’est pas le rôle de l’armée, d’intervenir en renfort dans les CHSLD du pays, mais il s’est gouré en voulant faire la morale aux premiers ministres provinciaux qui l’appelaient à l’aide. 

M. Trudeau a consenti à déployer les forces armées au Québec et en Ontario, tout en insistant pour qu’on se penche, après la crise, sur les causes de pareilles dégradations dans les soins à apporter aux personnes âgées. La réponse est pourtant simple, en l’occurrence: la baisse des transferts fédéraux en santé et services sociaux! 

À l’origine de la création du régime d’assurance-maladie, les provinces et l’État fédéral se partageaient les coûts à parts égales. Aujourd’hui, Ottawa assume un maigre 20%, laissant l’odieux des resserrements et des compressions aux provinces, qui doivent boucler leur budget.  

Le premier ministre canadien peut déplorer le recours à l’armée, mais il aurait dû s’excuser, au nom de son gouvernement et de ses prédécesseurs, d’être réduit à cette mesure, en rappelant l’incurie des gouvernements en matière de finances publiques.  

Il aurait pu facilement raviver nos souvenirs de la période Harper, où la lubie des baisses d’impôts a entraîné des compressions énergiques dans les dépenses fédérales pour ensuite se répercuter en austérité sous l’égide des gouvernements provinciaux. 

D’autre part, François Legault avait raison de dire que c’est gênant de faire venir l’armée, parce qu’on a généralement recours à ses services pour des missions de sauvetage in extremis. Jamais nos résidences et centres de soins pour personnes âgées n’auraient dû se retrouver dans une telle situation.  

Au lendemain de la crise, les coups bas risquent de pleuvoir, à la lumière des propos de nos premiers ministres. Espérons que le Québec se souviendra que monsieur Trudeau et ses semblables sont mal placés pour lui faire la leçon!