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À vos masques!: les fabricants ne fournissent pas

L’engouement pour les masques artisanaux est surtout freiné par le manque de couturières

Coronavirus - Covid-19
Photo collaboration spéciale, Roger Gagnon Brenda Gagnon (à droite) s’est lancée dans la fabrication de masques après la fermeture forcée de ses boutiques de fabrication d’uniformes pour les professionnels de la santé, le mois dernier. Elle travaille avec sa fille Alexandra.

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Les Québécois n’ont pas attendu les recommandations de la santé publique pour se convertir au port du masque, même artisanal.  Au point où des couturières travaillent jusqu’à 18 heures, depuis quatre semaines, sans parvenir à répondre à la demande. 

• À lire aussi: Masques: ils feront partie de nos vies 

«C’est complètement fou. La demande de masques est très, très grande actuellement. Les commandes viennent de partout, à toute heure du jour», confie la propriétaire d’Unyk Création, Brenda Gagnon, le temps d’une rare pause pour s’offrir ne serait-ce qu’une bouchée avant midi.  

Depuis la fermeture forcée de ses boutiques de fabrication d’uniformes pour les professionnels de la santé (infirmière, vétérinaire, etc.) à la mi-mars, l’entrepreneure de Chicoutimi s’est lancée, d’instinct, dans la fabrication de masques.  

Sept jours sur sept

«Je n’ai pas eu le temps de me demander s’il existait un programme pour nous aider pendant la crise. Quand j’ai vu que les masques commençaient à manquer, je me suis tout de suite dit qu’il pourrait y avoir un marché, explique-t-elle. J’ai suivi mon flair et ça a fonctionné!» 

L’aventure l’occupe tous les jours depuis, sans aucun congé, de 7 h à 1 h... le lendemain matin. Et pour cause : leur succès est tel que son équipe initiale de quatre couturières a rapidement été débordée. 

«J’ai toujours été une grande travaillante, affirme celle qui en plus d’avoir mis sur pied son atelier de couture il y a quelques années, agit comme gestionnaire de cliniques dentaires. Mais là je vous dirais que je ne vois plus les jours passer et que je ne sais même pas quel jour nous sommes. Ça commence vraiment à ressembler au jour de la marmotte!»

En manque de couturières 

Le recrutement de nouvelles partenaires et ses quatre enfants, vite appelés en renfort, ont permis à Mme Gagnon de tripler sa production. Mais en milieu de semaine, Alexandra, sa fille de 23 ans, s’attelait encore à dénicher le moindre atelier au Québec capable d’accepter de nouveaux mandats en sous-traitance. 

Cette pénurie de couturières est un problème commun à toutes les entreprises du secteur, confirme la designer Marie Dooley, de Québec, également plongée depuis peu dans la production de ce nouvel accessoire. En une seule semaine, cette dernière a vendu plus de 2000 masques, de telle sorte que ses délais de livraison avoisinent maintenant les... quatre semaines.  

«C’est vraiment la difficulté de trouver le personnel qui freine notre capacité de production, avance-t-elle. On voudrait faire plus, et plus vite. La réponse de la clientèle est bonne et nous voulons aider. Mais avec une équipe de seulement trois personnes, comme présentement, on ne peut malheureusement faire mieux.» 

Même à la retraite 

Si des entreprises se sont lancées dans la production de masques artisanaux, des retraités l’ont aussi fait, comme Béatrice Letendre de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui coud souvent de 7 h à minuit.  

«Je vais être franche. Je n’ai jamais travaillé autant», lance l’ex-infirmière de 63 ans.  

Durant ses 30 ans de services, Mme Letendre s’est amusée à fournir à temps partiel ses collègues en bonnets colorés pour couvrir les cheveux. «Les gens ont commencé à me demander [...] des masques. C’est un déluge, la demande», poursuit-elle.  

Elle affirme avoir cousu plus de 900 masques personnalisés et avoir 700 commandes en attente.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.