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Être sur la ligne de front avec de jeunes triplés

Être sur la ligne de front avec de jeunes triplés
Photo Joël Lemay

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Deux docteurs montréalais peuvent compter sur leurs triplés de quatre ans pour parfois oublier, l’espace d’un bref instant, qu’ils sont sur la ligne de front d’une pandémie mondiale.

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Le cardiologue Patrick Garceau et sa conjointe, la gynécologue Violaine Marcoux voient arriver le sommet de la vague de la COVID-19 avec une certaine anxiété.

« Autant personnellement que professionnellement, c’est quelque chose qu’on n’a jamais vu et qu’on ne reverra jamais. C’est se préparer à un tsunami, et ne pas avoir le droit de se cacher », mentionne Mme Marcoux, qui est gynécologue à l’Hôpital général juif de Montréal, en plus d’être présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec.

Les deux médecins réussissaient encore cette semaine à être la maison pour 19 h le soir, question de lire des histoires et mettre au lit leurs triplés de quatre ans : Émilie, Frédérique et Anne-Sophie.

Être sur la ligne de front avec de jeunes triplés
Photo Joël Lemay

« Couche trois enfants de 4 ans tout seul, en bon français, c’est de la job. Avec trois petites filles qui s’adorent, qui changent de lit, qui s’en vont donner des becs à leurs sœurs....», dit en riant Patrick Garceau, qui travaille à l’Institut de cardiologie de Montréal, qui sert principalement à soulager les autres hôpitaux, en terme de soins essentiels.

Triplés

Ils tiennent à ces moments passés avec leurs fillettes, pendant lesquels ils se changent les idées.

« Je me réveille en pensant à [la covid-19], et je me couche en pensant à ça. J’essaie de consacrer le peu de temps que j’ai avec mes enfants à ne pas y penser, mais c’est vraiment un exercice mental. Elles méritent que je leur donne ce temps-là parce que ce n’est pas de leur faute s’il y a cette catastrophe-là dehors », poursuit Mme Marcoux.

La maman de 43 ans éprouve de l’empathie pour les patientes qui doivent accoucher sans leur conjoint, une dure réalité qui frappe seulement l’hôpital général juif, qui est le premier centre désigné pour le traitement de la covid-19 à Montréal.

« Ce sont des décisions absolument déchirantes. Il n’y a personne qui veut être mis dans une situation comme ça », souligne-t-elle, affirmant devoir faire confiance aux gestionnaires de l’hôpital, qui font des choix pour que les soins soient les plus sécuritaires possibles.

Le couple souligne que le réseau de la santé travaille actuellement dans la même direction, pour réduire au maximum les dommages de la covid-19.

« Sur le terrain, je pense que les gens sont prêts. Anxieux, mais prêts », indique le cardiologue Patrick Garceau, de l’Institut de cardiologie de Montréal.

L’équilibre tient encore dans leur foyer, et ils verront dans les prochaines semaines s’ils doivent faire garder les enfants, advenant qu’ils soient tous les deux surchargés au point de devoir déléguer davantage.

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Photo Joël Lemay

Gants, blouses et masques

La gestion du matériel médical provoque une certaine anxiété chez les deux docteurs, qui ne veulent surtout rien gaspiller dans un temps où chaque gant et masque est précieux.

Drs Marcoux et Garceau ne voient pas plus de patients qu’à la normale actuellement, sauf que les protocoles sont beaucoup plus lourds et que tout est géré au quart de tour.

« Je ne suis pas habituée à penser à la paire de gants que je prends. Et si mon chirurgien général en avait besoin pour traiter quelque chose dans deux semaines? Est-ce que j’ai contaminé une paire de gants de trop ? », illustre Mme Marcoux.

Cette dernière a par ailleurs tout un système pour ne pas ramener la covid-19 à la maison, dans Ville Mont Royal. Elle se change complètement quand elle arrive à l’hôpital, et couvre tous ses cheveux pour la journée.

Elle a une routine inverse pour le soir.

« Je me désinfecte les mains avant, après. Je lave ma badge. Il y a tout un ordre dans lequel je fais les choses pour essayer de ne pas les recontaminer. Je rechange mes souliers, je rechange mes bas. Mon manteau n’a jamais quitté mon auto», explique-t-elle.

Pour M. Garceau à l’Institut de cardiologie, chaque cas est considéré suspect jusqu’à preuve du contraire, à cause de la transmission communautaire.

Généralement, un des deux parvient à terminer assez tôt pour aller chercher les triplés à la garderie.

Le couple a l’aide d’une gardienne sur l’heure du souper, puis c’est la routine du bain et de l’histoire avant le dodo. Les petites se couchent vers 19 h, et généralement, les deux parents sont à la maison.

Quand les petites sont couchées, Mme Marcoux reprend souvent le travail pour l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, jusqu’à 23h le soir.

Pendant ce temps, M. Garceau veille sur les enfants. Il a été chef de département il y a deux-trois ans, mais le couple a pris des décisions pour se permettre une vie de famille.

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