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Les psychologues rappellent qu’ils sont toujours là

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En cette période de crise, la santé mentale des Québécois est certainement affectée, mais étrangement, les psychologues n’ont jamais été aussi peu sollicités.  

À la Clinique de psychologie Sainte-Thérèse, sur la Rive-Nord, on a l'habitude de recevoir 10 appels de nouveaux patients par jour en moyenne. Or, depuis le début du confinement, le nombre de nouvelles demandes de suivi se compte sur les doigts d’une main.  

«C’est majeur. Les gens ne réalisent peut-être pas qu’on est toujours là ou n’ont peut-être pas les sous pour venir nous voir», s’inquiète Nathalie Lalonde, l’une des psychologues de la clinique.  

La psychologue Nathalie Lalonde de la Clinique de psychologie Sainte-Thérèse, sur la Rive-Nord, offre depuis le début de la crise du coronavirus ses services par vidéoconférence.
Photo COURTOISIE
La psychologue Nathalie Lalonde de la Clinique de psychologie Sainte-Thérèse, sur la Rive-Nord, offre depuis le début de la crise du coronavirus ses services par vidéoconférence.

Conformément aux recommandations de son ordre professionnel, Dre Lalonde mène désormais les consultations avec ses patients réguliers par vidéoconférence, un service que la plupart des psychologues du secteur privé offrent depuis le début du confinement, mais qui demeure mal connu à son avis.  

Besoins énormes  

C’est donc pour rejoindre des gens qui auraient besoin de consulter, mais qui ne savent pas qu’il est possible de le faire tout en respectant la distanciation sociale, que sa clinique a lancé cette semaine une publicité sur Facebook.  

«Les besoins sont énormes, c’est clair. Il y a des gens qui sont plus nerveux à cause de l’isolement, parce qu’ils ont peur d’attraper la maladie ou parce qu’ils ont peur que leurs proches l’attrapent. Il y a sûrement aussi des problèmes de couple avec le confinement», estime Mme Lalonde, qui s’attend à une véritable explosion de la demande lorsque la situation commencera à revenir à la normale.  

«Je m’attends à beaucoup de deuils compliqués», appréhende-t-elle, alors que plusieurs personnes ne peuvent pas être au chevet de leurs proches mourants à cause des mesures mises en place pour éviter la propagation du virus dans les hôpitaux.  

Une étude pancanadienne de la firme Morneau Shepell, publiée en début de semaine, tend à lui donner raison: la détresse est palpable dans la population depuis le début du confinement. L’indice de santé mentale a dégringolé alors le niveau de stress a augmenté comme jamais, deux données inquiétantes qu’on observe de manière encore plus marquée chez les femmes.  

Une approche efficace  

Pour ceux qui font partie de ces gens qui auraient besoin d’aide, mais qui hésitent à consulter un psychologue par voie électronique, Nathalie Lalonde se veut rassurante.  

«Depuis le début du confinement, j’ai eu deux nouveaux patients. C’est sûr qu’à la première consultation, le lien s’est peut-être moins fait que si on s’était rencontrés en personne. Mais au bout du deuxième rendez-vous, on sent que le lien se crée», a témoigné Dre Lalonde.  

Bien que marginale, la vidéoconférence avait déjà été adoptée par certains thérapeutes avant la pandémie. Si 90% des psychologues dans le milieu privé ont aujourd'hui recours à cette façon de faire à cause de la COVID-19, la présidente de leur ordre professionnel, Dre Christine Grou, n’est pas prête à dire que la crise actuelle va transformer durablement la manière de rencontrer les patients.  

«La vidéoconférence, ça peut être intéressant dans certains cas, par exemple pour des gens qui sont à l’étranger et qui ne veulent pas interrompre leur thérapie. Par contre, je crois que la plupart des gens préfèrent le face-à-face», a-t-elle soulevé.  

Mme Grou a tenu à rappeler que tant les psychologues que les patients sont appelés à respecter certaines règles pour les consultations électroniques, notamment en s’isolant dans une pièce fermée pour respecter la confidentialité.

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