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COVID-19: plusieurs craintes et questions pour le retour à l'école

COVID-19: plusieurs craintes et questions pour le retour à l'école
Photo Didier Debusschère

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Alors qu’en Ontario toutes les écoles resteront fermées au moins jusqu’au 31 mai, Québec dévoilera aujourd’hui son plan de retour en classe, qui devra répondre à plusieurs questions.  

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Les ministres de la Famille et de l'Éducation, Mathieu Lacombe et Jean-François Roberge, feront les annonces en conférence de presse à 15h30. Les syndicats ont été conviés à un appel téléphonique 30 minutes avant la sortie des ministres.       

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Alors que les écoles et les garderies rouvriront dans certaines régions, il faut s'attendre à ce que celles de Montréal demeurent néanmoins fermées pour une certaine période, a-t-on appris.           

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Au-delà de nombreux enjeux logistiques, plusieurs experts et intervenants du milieu s’entendent pour dire que le gouvernement Legault devra d’abord répondre à une grande question: à quoi servira le retour en classe?            

L’école doit être plus «qu’un outil d’immunité collective», martèle Égide Royer, professeur retraité de l’Université Laval.            

Mais dans le réseau scolaire, les intervenants ne s’entendent pas sur le contenu qui devrait être enseigné en classe au cours des prochaines semaines. Alors que certains profs se préparent à enseigner les notions les plus importantes en accéléré d’ici la fin de l’année scolaire, d’autres affirment qu’il serait inéquitable d’enseigner de la nouvelle matière pendant que des élèves resteront dans leur salon. Les directions d’école sont notamment divisées sur cette question.            

Il faudra d’ailleurs que Québec précise quelles seront les mesures mises en place pour joindre ces élèves à la maison, afin que les parents puissent «faire un choix éclairé», indique la Fédération des comités de parents.            

L’achat massif de tablettes est envisagé pour les élèves qui n’ont pas d’outils électroniques à la maison, comme en Ontario.            

Plusieurs experts, tout comme la Fédération des syndicats de l’enseignement, affirment par ailleurs que Québec doit faire marche arrière et affirmer clairement que le travail scolaire à venir – qu’il soit fait à l’école ou à la maison – pourra faire une différence dans la réussite de l’année scolaire en cours, en particulier pour ceux qui sont en difficulté.        

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Affirmer dès la fin mars que le passage à l’année scolaire suivante sera déterminé à partir des deux premiers bulletins a été une grande erreur, selon plusieurs enseignants qui constatent à quel point leurs élèves manquent de motivation pour faire des travaux scolaires à la maison, en l’absence de toute évaluation.            

Par ailleurs, plusieurs s’entendent sur le fait qu’il faut tout faire pour «ne pas échapper» les élèves les plus vulnérables. Mais reste à savoir comment. Prioriser un retour en classe pour les élèves en difficulté est difficile à faire sur une base volontaire, et les cibler pourrait encore davantage les stigmatiser, explique-t-on.            

Se préparer pour l’an prochain  

Au-delà du branle-bas de combat qu’engendrera le retour en classe au cours des prochaines semaines, plusieurs pressent aussi Québec de se préparer dès maintenant à enseigner en mode hybride l’automne prochain, avec des journées en classe suivie de périodes de travail à la maison.            

Les enseignants, qui pourraient être appelés à revenir en classe avant leurs élèves, devraient aussi recevoir de la formation sur l’enseignement à distance dès les prochaines semaines, selon plusieurs experts qui craignent une augmentation du décrochage scolaire à la suite de cette crise sans précédent.            

«Nous sommes partis du mauvais pied, il est urgent de se reprendre, affirme Égide Royer. Un dérapage comme celui des CHSLD est, en éducation, encore évitable.»        

– Avec la collaboration de Rémi Nadeau  

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