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Ils réclament une reprise rapide de la construction industrielle

Un projet de plusieurs dizaines de millions de dollars mis en péril à Lac-Mégantic

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Photo NUMERA, Claude Grenier Louis Brassard, PDG de Tafisa (droite), Jimmy Poirier (debout à gauche) et Mario Lessard (assis) dans leur usine de Lac-Mégantic.

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Le président de Tafisa Canada, l’un des plus importants manufacturiers de panneaux de particules en Amérique du Nord, presse le gouvernement de François Legault de permettre au plus vite la reprise des activités de construction industrielle.  

L’entreprise de Lac-Mégantic, qui emploie normalement 350 travailleurs, voit l’expansion de ses activités compromise par l’interruption, depuis le 24 mars, de la majorité des activités de construction dans la province. L’implantation d’une toute nouvelle usine, résultats d’investissements de « dizaines de millions de dollars », est en jeu, a appris Le Journal.  

« Je ne dis pas que le gouvernement ne devait pas agir comme il l’a fait, précise son PDG, Louis Brassard. Il a adopté une approche très, très prudente, et je ne la décrie pas. La santé est la priorité. Mais il faut comprendre que tout arrêt d’activité, ou prolongement de celui-ci, n’est jamais sans conséquence. »  

Des millions paralysés  

Pour Tafisa, filiale du groupe portugais Sonae Industria, la pause des activités non essentielles du gouvernement Legault a provoqué le gel de travaux de construction d’une nouvelle usine de 65 000 pieds carrés, en cours depuis l’automne dernier.  

Jusque-là tenu secret, le projet de plusieurs dizaines de millions de dollars doit permettre l’ajout d’une troisième ligne de production à Tafisa, qui prépare la conquête d’un « nouveau marché ».   

« Pour des raisons de concurrence, nous ne pouvons pas en dire plus, affirme son PDG. Mais il est certain que chaque jour d’arrêt supplémentaire nous éloigne de sa réalisation. »   

Concrètement, au nombre des conséquences fâcheuses de cette situation figure la livraison prochaine de nouvelles machines de production, provenant d’Allemagne. Le hic est que même si ces équipements derniers cris sont sur le point d’arriver au port de Montréal, il sera impossible de les installer tant que l’usine ne sera pas complétée. Or, avant d’en arriver là, huit semaines de travaux sont encore requises.   

Le prix des reports  

« Tous ces reports ont un prix, dit-il. Il n’est pas question de faire passer les affaires avant la santé. Mais compte tenu de la situation et de l’expérience d’autres juridictions où la construction n’a jamais cessé, j’invite Québec à envisager rapidement une reprise responsable de la construction industrielle. »  

L’entreprise a officialisé la semaine dernière la complétion d’un investissement de 23 millions $ dans la modernisation de sa presse d’origine, vieille de 28 ans, et l’achat de nouveaux équipements permettant la réduction d’émissions atmosphériques.  

Depuis sa fondation en 1992, Tafisa a quadruplé son volume de production. Son usine principale fait 700 000 pi2, une superficie équivalente à plus de 10 terrains de football. Ses ventes, évaluées à 300 millions de dollars annuellement, se répartissent entre le Canada et les États-Unis.   

Relance économique  

À ce jour, la reprise de la construction au Québec n’a été autorisée que pour les chantiers résidentiels, dont la livraison est prévue d’ici le 31 juillet.   

L’Association de la construction du Québec (ACQ) milite en faveur d’un élargissement de cette permission aux autres secteurs de l’industrie.   

« Nous croyons en une réouverture graduelle. Mais le plus rapidement elle se fera, mieux l’industrie et le reste de l’économie sauront se remettre sur pied », a expliqué au Journal le porte-parole de l’ACQ, Guillaume Houle.   

L’Industrie, tout comme Tafisa, espère de nouvelles directives à ce sujet dans le cadre du dépôt d’un plan de relance économique de Québec, au début de la semaine.