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Des millions de masques venus de Chine

Des entreprises québécoises ont créé un pont aérien afin d’acheminer les équipements de protection jusqu’ici

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Photo AFP Demain soir, le plus grand avion du monde, l’Antonov AN-225, livrera des millions d’unités d’équipement de protection au Québec.

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Des entrepreneurs québécois mettent les bouchées doubles pour aller chercher en Chine les millions de masques, de gants, de visières et de blouses essentiels à nos travailleurs de la santé. 

Hier matin, le tout premier d’une série de vols bien spéciaux a atterri à l’aéroport de Mirabel. En provenance de Shanghai et après des escales à Tokyo et en Alaska, un MD-11 de la compagnie américaine Western Global a déchargé quelque deux millions de masques qui se retrouveront bientôt dans les hôpitaux et CHSLD. 

Un appareil MD-11 de la compagnie Western Global rempli de masques a atterri hier matin à l’aéroport de Mirabel.
Photo courtoisie
Un appareil MD-11 de la compagnie Western Global rempli de masques a atterri hier matin à l’aéroport de Mirabel.

« Il y en a du stock qui va arriver au Québec ! » s’exclame avec émotion Marc Bibeau, PDG du Groupe OEC. Une cinquantaine de vols nolisés par la firme montréalaise arriveront à Mirabel, à Dorval et à Toronto d’ici la fin juin. 

Plus habitué à transporter des articles de sport et des pièces automobiles, M. Bibeau joue maintenant un rôle de premier plan dans la course mondiale à l’équipement de protection individuelle. 

Présents depuis 40 ans 

En Chine, OEC dispose d’une vingtaine d’entrepôts où transite la marchandise entre les usines et l’aéroport de Shanghai, plaque tournante de l’exportation d’équipement de protection.  

Chaque jour, des avions se succèdent sur les pistes à destination des quatre coins du monde. 

Des travailleurs s’apprêtent à décharger le MD-11 nolisé par l’entreprise québécoise OEC.
Photo courtoisie
Des travailleurs s’apprêtent à décharger le MD-11 nolisé par l’entreprise québécoise OEC.

« Ce qui nous distingue, c’est que ça fait 40 ans qu’on est en Chine avec notre propre personnel et nos propres installations, explique Marc Bibeau. On connaît le marché chinois professionnellement et culturellement, ce qui aide à faire bouger le cargo rapidement et à régler les problèmes quand il y en a. » 

La Chine a multiplié les contrôles pour éviter l’exportation d’équipement défectueux ou provenant d’usines non certifiées. Ces mesures ont entraîné des retards qui ont obligé plusieurs avions à repartir vides de Chine la semaine dernière, y compris deux à destination du Canada. 

Le plus gros avion du monde 

Ces défis n’ont pas découragé Nolinor Aviation de réserver le plus grand avion du monde, l’Antonov AN-225, pour apporter au Québec une immense cargaison d’équipement de protection.  

L’appareil à six moteurs doit atterrir demain soir à Mirabel. 

« Il y a beaucoup de gens qui essaient de s’improviser là-dedans et pour qui ça n’a pas été un succès... Pour nous non plus, ce n’est pas garanti que ce soit un succès, mais on a une approche plus posée. Ça fait déjà un mois qu’on travaille sur ce vol-là », affirme le président de Nolinor, Marco Prud’Homme. 

Avec son équipe, il apprend à toute vitesse les rudiments de la logistique internationale. « C’est le genre de défi où t’arrives le matin, t’es pas au courant, t’ouvres l’avion et tu dis “ah, OK, il y a ça qui n’avait pas été prévu...” On est flexibles et on s’adapte. » 

James Dixon, propriétaire de l’entreprise 911 Pro, qui espérait faire décoller de Chine, le 18 avril, un Airbus A340 nolisé par Chrono Aviation, a dû prendre son mal en patience. En raison d’un retard administratif à Shanghai, le vol doit finalement atterrir jeudi au Québec. 

« On a des dizaines de vols [d’équipement de protection] vendus et planifiés », indique Dany Gagnon de Chrono Aviation. 

Avec les coûts de nolisement et de main-d’œuvre qui explosent, ces opérations complexes ne sont pas aussi rentables qu’on pourrait le croire. 

« Ce n’est pas une question de profits, c’est pour rendre service à nos héros de la première ligne », insiste M. Bibeau. 

– Avec la collaboration de Jean-Michel Genois Gagnon 

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