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Quatre principes pour encadrer une relance indissociable de la crise climatique

Grande marche pour le climat de Quebec dans les rues de la Vieille Capitale, Quebec, 27 septembre 2019. PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI
Photo d'archives, Pascal Huot

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Alors que le gouvernement du Québec annonce ses échéanciers de reprise, une chose est certaine: on ne reviendra pas au monde qu’on connaissait il y a deux mois seulement.   

Au-delà de la reprise des activités, le gouvernement doit planifier les actions qui permettront à nos industries de survivre dans ce nouveau contexte. Les sommes majeures qui seront investies vont orienter notre société pour de nombreuses années: il faut donc se saisir de cette crise pour préparer le Québec à relever les défis de demain, plutôt que de reprendre les choses là où on les a laissées.    

La crise actuelle nous donne de précieux enseignements pour agir: (1) il est important de reconnaître les risques et de les prévenir; (2) lorsque les gouvernements se basent sur la science, il est plus facile de prendre des décisions qui transforment nos habitudes; (3) le débat politique est essentiel à une démocratie pour aller de l’avant.   

À partir de ceux-ci, quatre principes émergent pour orienter le plan de relance:   

Premier principe: minimiser les dommages collatéraux et mieux partager les risques.  

La réponse à la crise ne doit pas détériorer davantage la santé physique et mentale des citoyens, ni aggraver la crise climatique et les problèmes environnementaux. Ainsi, les aides aux secteurs les plus touchés devraient être accompagnées de conditions d’investissement dédié à leur décarbonisation et devraient mieux répartir les risques entre les citoyens et les divers acteurs de la société.   


Deuxième principe: saisir les occasions qu’offre la réponse à la crise.    

La relance offre une occasion d’innover afin d’encourager les comportements jugés porteurs de relance – privilégier les dépenses locales, les chaînes d’approvisionnement raccourcies, la restructuration du travail via le télétravail, etc. – qui peuvent contribuer au mieux-être collectif sur les plans de la santé, de la sécurité et de l’environnement.   


Troisième principe: prévoir ensemble les prochaines crises sanitaires et climatiques en développant notre capacité de résilience.  

La relance doit impliquer l’ensemble des citoyens dans un débat public. Dès à présent, le gouvernement peut coconstruire, avec les acteurs et experts du milieu, des programmes efficaces visant à combler des lacunes évidentes de notre société et accélérer la transition énergétique et le déploiement d’une économie circulaire.   


Quatrième principe: instaurer des mécanismes efficaces de reddition de compte et de suivi.    

On ne peut prévoir tous les effets collatéraux du plan de relance avant que celui-ci ne soit déployé. Il faut des mécanismes qui permettent de déterminer rapidement les correctifs à apporter aux programmes mis en place et de corriger le tir lorsque nécessaire.    


On ne part pas de zéro: le Québec bénéficie d’une infrastructure sociale ayant prouvé toute sa pertinence. Il peut également compter sur une électricité abondante et décarbonisée, de même que sur une population réactive et solidaire. Grâce aux réflexions des derniers mois, l’État québécois dispose d’un plan à jour pour sa politique climatique.   

Avec son plan de relance qui s’appuie sur l’innovation sociale, économique et technique, le Québec a l’occasion de s’établir comme chef de file au niveau mondial de la transition.   

Pour lire la proposition dans sa globalité, cliquez ici.   

Voici les signataires:  

Normand Mousseau  

Professeur, Département de physique, Université de Montréal/Directeur académique, Institut de l'énergie Trottier – Polytechnique Montréal   

Catherine Beaudry  

Professeure titulaire, Polytechnique Montréal/Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la création, le développement et la commercialisation de l'innovation   

Louis Beaumier  

Directeur général, Institut de l'énergie Trottier – Polytechnique Montréal   

Luc Bernier  

Professeur titulaire, Faculté des sciences sociales, Université d'Ottawa   

Titulaire de la Chaire Jarislowsky en gestion dans le secteur public   

Pascale Biron  

Professeure titulaire, Département de géographie, Université Concordia   

Roger Lanoue  

Expert en management stratégique, en énergie et en accessibilité d’eau potable    

Stéphane Paquin  

Professeur, École nationale d'administration publique   

Catherine Potvin  

Professeure, Département de Biologie, Université McGill   

Marie-Christine Therrien  

Professeure, École nationale d'administration publique/Directrice, Cité-ID LivingLab Gouvernance de la résilience urbaine   

Johanne Whitmore  

Chercheuse principale, Chaire de gestion du secteur de l'énergie – HEC Montréal    

Julien Beaulieu  

Chercheur titulaire, Centre de transfert technologique en écologie industrielle   

Catherine Choquette  

Professeure de droit, Université de Sherbrooke   

Jérôme Dupras  

Professeur, Département des sciences naturelles, UQO/Chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée   

Luc Godbout  

Professeur titulaire, Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke   

Maya Jegen  

Vice-doyenne à la recherche, UQAM   

Marcelin Joanis  

Professeur titulaire, Polytechnique Montréal   

Simon Langlois-Bertrand  

Professeur adjoint, Département de science politique, Université Concordia   

Thierry Lefèvre  

Professionnel de recherche, Université Laval/Co-coordonnateur du regroupement Des Universitaires   

Daniel Normandin  

Directeur général, Institut EDDEC   

Martin Papillon  

Professeur agrégé, Université de Montréal/Directeur, Centre de recherche sur les politiques et le développement social   

Marc-Urbain Proulx  

Professeur, UQAC/Centre de recherche sur le développement territorial   

Patrick Provost  

Professeur titulaire, Université Laval/Co-coordonnateur du regroupement Des Universitaires   

Jean-Philippe Waaub  

Professeur titulaire, Département de géographie, UQAM